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Dictionnaire des Traditions Bouddhiques

JŌDO SHINSHŪ

浄⼟真宗 — « la véritable école de la Terre Pure »

浄⼟真宗 — « la véritable école de la Terre Pure »

Repères Fondamentaux

Fiche de Synthèse Doctrinale

NATURE
École de la Terre Pure
FONDATEUR
Shinran (1173–1263)
ORIGINE
ET TRANSMISSION

TERRE PURE · JAPON · XIII<sup>e</sup> SIÈCLE · SHINRAN DI-00014 JŌDO SHINSHŪ 浄⼟真宗 — « la véritable école de la Terre Pure » Le J ō do Shinsh ū ( 浄 土 真 宗 ), « véritable école de la Terre Pure », est la tradition fondée par Shinran, disciple de H ō nen. Elle enseigne que la foi (shinjin) donnée par Amida est l’unique cause de la délivrance, et constitue aujourd’hui l’une des plus grandes organisations bouddhiques du Japon. FONDATION XIIIe siècle BOUDDHA Amida (Amit ā bha) CŒUR foi (shinjin) et nembutsu TEXTE MAJEUR Ky ō gy ō shinsh ō SIÈGES Nishi Hongan-ji · Higashi Hongan-ji BRANCHES Honganji-ha · Ō tani-ha · Takada-ha

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LA FOI SEULE

Shinran pousse à l’extrême l’enseignement de H ō nen : ce n’est pas le nembutsu du fidèle qui sauve, mais le vœu d’Amida qui éveille en lui la foi (shinjin). La délivrance est donc un don, non une œuvre. Marié et père de famille, Shinran fit du Shinsh ū une voie de laïcs, qui devint l’une des plus vastes communautés bouddhiques du Japon. Sa doctrine de la grâce et de la gratitude marqua en profondeur la spiritualité et la société japonaises. Shinran (1173–1263), formé au mont Hiei puis disciple de H ō nen, développe une lecture radicale de la Terre Pure : la foi seule, donnée par Amida, assure la renaissance. Après l’exil commun avec H ō nen en 1207, il prend conscience de sa vocation et diffuse son enseignement dans les provinces de l’Est. Il organise une communauté de fidèles, marié et père de famille, refusant la distinction entre moines et laïcs. Son ouvrage majeur, le Ky ō gy ō shinsh ō, expose sa doctrine de la foi, de la pratique et de la réalisation. Après sa mort, sa fille Kakushinni et ses descendants fondèrent un mausolée, qui devint le grand temple Hongan-ji. Au fil des siècles, l’école s’organisa en de vastes institutions et se divisa en branches (Honganji-ha, Ō tani-ha, Takada-ha, etc.). Le renouveau de Rennyo (XVe siècle), grand rénovateur du Hongan-ji, donna au Shinsh ū une ampleur nationale, et la communauté joua un rôle social et politique majeur à l’époque médiévale.

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UNE ÉCOLE DE LAÏCS

Refusant la distinction entre moines et laïcs, Shinran encouragea le mariage du clergé et une piété familiale. Ses descendants fondèrent les grands temples (Hongan-ji), autour desquels se structura l’une des plus grandes organisations religieuses du Japon. Cette ouverture fit du Shinsh ū une voie largement populaire, présente dans les foyers comme dans les institutions.

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LES ENSEIGNEMENTS

LA FOI (SHINJIN) Pour Shinran, la shinjin — foi confiante donnée par Amida — est l’unique cause de la délivrance. Elle ne dépend pas des mérites du fidèle : c’est l’Autre Pouvoir qui agit, en réponse au vœu d’Amida qui embrasse tous les êtres. La foi n’est pas produite par l’effort, mais reçue : elle est l’éveil du vœu d’Amida dans le cœur du pratiquant.

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L’AUTRE POUVOIR RADICAL

Le Shinsh ū accentue le tariki : même le nembutsu est un don, non une pratique méritoire. Cette radicalité distingue l’école de sa mère, le J ō do, et l’oriente vers une spiritualité de la grâce et de la gratitude. Le nembutsu devient l’expression de la reconnaissance, et non un moyen d’obtenir le salut.

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LE NEMBUTSU DE GRATITUDE

La récitation du nom d’Amida devient l’expression de la reconnaissance, et non un moyen d’obtenir le salut. L’AKUNIN SH Ō KI « Même le méchant est sauvé » : le vœu d’Amida s’adresse d’abord à ceux qui n’ont aucun moyen de se sauver par eux- mêmes. MÊME LES LAÏCS, MÊME LES FEMMES Shinran affirme que le vœu d’Amida sauve tous les êtres, sans exception — laïcs, femmes, exclus. Cette ouverture fit du Shinsh ū une voie largement populaire et familiale. Elle conduisit à relativiser les distinctions de statut et à valoriser la vie ordinaire comme lieu du salut. LE RENONCEMENT AUX ŒUVRES Shinran critique l’idée d’accumuler des mérites : la délivrance ne s’obtient pas par les œuvres, mais par la foi donnée. Cette critique radicale le distingue des autres écoles. Le pratiquant est ainsi libéré de l’angoisse de la performance spirituelle, et rendu à la gratitude.

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KARMA ET INTERDÉPENDANCE

Le Shinsh ū reprend la vision du karma et de l’interdépendance, mais insiste sur la miséricorde d’Amida qui porte le fidèle au-delà de ses propres forces. La vie morale garde sa valeur, non comme cause du salut, mais comme réponse reconnaissante à la grâce reçue. L’AUTRE-FORCE Le J ō d ō Shinsh ū met l’accent sur l’« autre-force » (tariki) : ce n’est pas l’effort du pratiquant, mais la puissance du vœu d’Amit ā bha, qui sauve. Cette confiance radicale distingue l’école de la « force propre » (jiriki) des voies méditatives.

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SHINRAN ET LA FOI

Shinran, disciple de Honen, fonda l’école : selon lui, la foi (shinjin) donnée par Amit ā bha assure la renaissance en terre pure. Il souligna la gratitude et l’humilité du fidèle, et rompit avec le monachisme clérical pour s’adresser aux laïcs. LA DOCTRINE DU J Ō D Ō SHINSH Ū Le J ō d ō Shinsh ū , fondé par Shinran, enseigne la voie de l’« autre-force » (tariki) : c’est la puissance du vœu d’Amit ā bha qui sauve, non l’effort propre. La foi (shinjin), donnée par Amit ā bha, assure la renaissance en terre pure ; elle s’accompagne de gratitude et d’humilité. Shinran rompit avec le monachisme clérical pour s’adresser aux laïcs, mariés et engagés dans le monde. Il distingua la voie de l’autre-force de celle de la « force propre », plus graduelle et exigeante. Sa simplicité et sa confiance radicale firent du J ō d ō Shinsh ū l’une des plus grandes écoles du bouddhisme japonais. Shinran distingua le jiriki (force propre) du tariki (autre-force), et récusa tout mérite acquis par l’effort personnel. L’école, très populaire au Japon, insiste sur la gratitude et la confiance en l’appel d’Amit ā bha. Le J ō d ō Shinsh ū repose sur la foi donnée par Amit ā bha et sur la gratitude qu’elle suscite. Shinran ouvrit la voie aux laïcs, mariés et engagés dans la vie du monde. Il compte parmi les courants bouddhiques les plus suivis au Japon.

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LES PRATIQUES

La récitation du nembutsu, les offices, l’écoute de l’enseignement et la vie familiale composent la pratique. Les fêtes de H ō onk ō (mémoire de Shinran) et les cérémonies du temple rythment l’année des fidèles. La pratique est simple : écouter, recevoir la foi, rendre grâce. Elle s’inscrit dans la vie quotidienne, au foyer comme au temple.

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LES RITES

Les offices du Shinsh ū , centrés sur le nembutsu, la lecture des s ū tras et l’hommage à Amida et à Shinran, structurent la liturgie. Les cérémonies de mémoire — surtout le H ō onk ō — sont les grandes fêtes de l’école. Les funérailles et les services pour les défunts occupent une place importante, dans une tradition proche de la vie familiale. Les mariages et les cérémonies de la vie quotidienne y sont également célébrés. La liturgie shinsh ū est sobre mais fervente, marquée par les chants (wasan) composés par Shinran. DÉVOTION, RETRAITES ET PÈLERINAGES La dévotion à Amida et à Shinran est au cœur de la piété. Les pèlerinages vers les grands temples (Nishi Hongan-ji, Higashi Hongan-ji) et vers les lieux de mémoire de Shinran rassemblent les fidèles. Les rassemblements, les retraites d’écoute et les grandes fêtes donnent à l’école sa vitalité communautaire.

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REPÈRES CHRONOLOGIQUES

1173 — naissance de Shinran. 1201 — disciple de H ō nen ; exil en 1207. 1224 — Ky ō gy ō shinsh ō . XVIe s. — essor du Hongan-ji. XVIIe s. — séparation des branches ; expansion durable.

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LES GRANDS TEXTES · LE GRAND VOYAGE

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LES GRANDS TEXTES

Le Ky ō gy ō shinsh ō de Shinran est l’ouvrage fondateur : il expose la doctrine du vœu d’Amida, de la foi et du nembutsu. Le Tannish ō, recueil de ses paroles rapportées, en est le compagnon le plus connu. S’y ajoutent les s ū tras de la Terre Pure, les commentaires de Shandao et de H ō nen, et les hymnes (wasan) de Shinran, qui transmettent la doctrine sous forme chantée.

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TEXTES MAJEURS

Ky ō gy ō shinsh ō — Shinran. Tannish ō — Paroles rapportées. Sūtra de la Terre Pure — Source scripturaire. Wasan — Hymnes. Œuvres de Shandao — Source chinoise.

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NOTIONS CLÉS

Shinjin — Foi donnée. Tariki — Autre Pouvoir. H ō onk ō — Fête de mémoire. Akunin sh ō ki — Le méchant sauvé. Nembutsu — Gratitude.

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LE GRAND VOYAGE

Le Shinsh ū prolonge la dévotion à Amida venue de l’Inde et de la Chine, radicalisée par Shinran au Japon. De là, il s’est étendu à tout le pays et, au XXe siècle, à l’Occident, où les communautés shinsh ū sont bien implantées. Ses grandes institutions et sa diaspora en font l’une des traditions bouddhiques les plus présentes dans le monde.

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FIGURES ET TRANSMISSIONS

Inde et Chine. Amit ā bha ; Tanluan, Daochuo, Shandao. Japon. H ō nen ; Shinran ; Rennyo, grand rénovateur du Hongan-ji. Postérité. Les deux grands Hongan-ji et les branches du Shinsh ū .

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LANGUES ET ÉCRITURES

Shinran écrivit surtout en japonais et en caractères kana, accessibles aux laïcs, tout en s’appuyant sur les s ū tras chinois. Ce choix linguistique accompagna la popularité de l’école, proche du langage des fidèles.

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RELATIONS · VOCABULAIRE · À RETENIR

RELATIONS AVEC LES AUTRES TRADITIONS

Avec le J ō do. Le Shinsh ū est issu de H ō nen mais s’en distingue par la radicalité de la foi seule et le rejet des pratiques méritoires. Avec les autres voies de Kamakura. Zen et Nichiren insistent au contraire sur la pratique ; le Shinsh ū sur le don de la foi. Avec la société. L’école a marqué les rites familiaux, la mort et la vie communautaire du Japon, et fut parfois actrice de l’histoire politique.

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VOCABULAIRE À CONNAÎTRE

Shinjin — Foi donnée. Nembutsu — Invocation. Tariki — Autre Pouvoir. Hongan-ji — Grand temple. H ō onk ō — Fête de mémoire. Ky ō gy ō shinsh ō — Œuvre de Shinran. Rennyo — Rénovateur. Akunin sh ō ki — Le méchant sauvé.

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À RETENIR

Le J ō do Shinsh ū , fondé par Shinran, enseigne la voie de la foi seule : le vœu d’Amida éveille la shinjin, unique cause de la délivrance. Voie de laïcs, il est devenu l’un des plus grands courants bouddhiques du Japon.

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MOTS ASSOCIÉS

Shinran · H ō nen · Amida · shinjin · tariki · nembutsu · Ky ō gy ō shinsh ō · Tannish ō · Rennyo · Hongan-ji · Ō tani-ha · Takada-ha · H ō onk ō · akunin sh ō ki · mapp ō · Terre Pure

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RENVOIS DANS LE DICTIONNAIRE

Voir aussi : J Ō DO · H Ō NEN · SHINRAN · NEMBUTSU · Ō TANI-HA · HONGAN-JI · NISHI HONGAN-JI · HIGASHI HONGAN-JI · TAKADA- HA · BUKK Ō JI-HA · RENNYO · KY Ō GY Ō SHINSH Ō · TANNISH Ō · TERRE PURE · AMIDA JAPONAIS. Aliénor & Alain Delaporte-Digard