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AMARAVATI · INDE (ANDHRA PRADESH) · IIᵉ–IIIᵉ SIÈCLE — LE RÉCIT EN CALCAIRE

Bouddha d'Amaravati

Statue en calcaire issue du grand stupa d'Amaravati, dans l'Andhra, l'un des trois grands chantiers de l'art bouddhiste indien avec Mathura et le Gandhara, dont les bas-reliefs ont porté les Jātaka jusqu'au Sri Lanka et en Asie du Sud-Est.

Bouddha d'Amaravati
Œuvre Bouddha d'Amaravati
Origine & Période AMARAVATI · INDE (ANDHRA PRADESH) · IIᵉ–IIIᵉ SIÈCLE — LE RÉCIT EN CALCAIRE
Format d'Étude Fiche patrimoniale (4 pages)
Auteurs Aliénor & Alain Delaporte-Digard

Étude & Contemplation de l'Œuvre

Texte intégral extrait de la fiche d'archive d'Alain & Aliénor Delaporte-Digard :

N° 05 BOUDDHA D'AMARAVATI AMARAVATI · INDE (ANDHRA PRADESH) · IIᵉ–IIIᵉ SIÈCLE — LE RÉCIT EN CALCAIRE Couverture : Bouddha en calcaire, musée archéologique d'Amaravati (Andhra Pradesh, Inde) — photo : Biswarup Ganguly, licence CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.

Bouddha d'Amaravati [a-ma-ra-va-ti] · amarāvatī NOM MASCULIN · SANSKRIT · ÉCOLE D'AMARAVATI · N° 05 DE LA COLLECTION Autres noms : Bouddha d'Amarāvati · école de l'Andhra · mahācetiya d'Amaravati · stupa de la « colline des lumières » n. m. — Statue en calcaire issue du grand stupa d'Amaravati, dans l'Andhra, l'un des trois grands chantiers de l'art bouddhiste indien avec Mathura et le Gandhara, dont les bas-reliefs ont porté les Jātaka jusqu'au Sri Lanka et en Asie du Sud-Est. F I C H E T E C H N I Q U E N° DANS LA COLLECTION PAYS Inde — Andhra Pradesh LIEU D'ORIGINE Amaravati, district de Palnadu, rive gauche de la Krishna (16,5775° N · 80,3582° E) LIEU DE CONSERVATION Musée archéologique d'Amaravati (ASI) ; grands ensembles à Chennai et au British Museum STATUT DU LIEU Site archéologique protégé par l'Archaeological Survey of India ÉPOQUE IIIᵉ siècle av. J.-C. vers 250 de notre ère ; label du musée pour la couverture : IVᵉ siècle MATIÈRE Calcaire vert-gris, dit marbre d'Amaravati DIMENSIONS Clôture du stupa : 3 mètres de haut sur 59 mètres de diamètre, 136 piliers (estimation de Burgess) POSTURE Assis en padmāsana sur coussin de lotus, en bas-relief MUDRĀ Dhyāna — les deux mains, paume superposées, dans le geste de la méditation PERSONNAGE Śākyamuni entouré des scènes des vies antérieures et des processions de reliques ÉCOLE / STYLE École d'Amaravati (école de l'Andhra) ÉTAT Fragmentaire : découpes, dispersal, mutilations — les grands reliefs sont incomplets L ' H I S T O I R E Le mahācetiya d'Amaravati n'est pas un stupa comme les autres. Commencé au IIIᵉ siècle av. J.-C. sur le site de Dharanikota, agrandi sans cesse à partir de vers 50 de notre ère et achevé vers 250, il fut sans doute le plus grand monument bouddhiste de l'Inde : une tour entièrement revêtue de bas-reliefs, ceinte d'une clôture de 59 mètres de diamètre comptant 136 piliers et 348 traverseurs. On y sculpta les vies antérieures du Bouddha, les Jātaka, sa propre vie, les processions de reliques, les éléphants et les nāgas : la pierre devient un livre que le pèlerin lit en tournant. Les trois grandes écoles se répondent — Amaravati, Mathura, Gandhara — et celle-ci, par la côte de Coromandel et la mer, portera son vocabulaire à Anuradhapura, puis jusqu'en Asie du Sud-Est. Le déclin l'ensevelit. Encore citée au Sri Lanka et au Tibet comme centre de bouddhisme ésotérique au XIVᵉ siècle, elle est encore mentionnée dans une inscription cinghalaise qui annonce des réparations ; ensuite, le stupa disparaît sous les gravats et l'herbe. Colin Mackenzie en dresse les plans en 1816 — ses relevés le nomment simplement deepaladimma, « la colline des lumières ». Walter Elliot l'explore en 1845 et fait porter les sculptures à Madras ; d'autres partent pour Londres, où le British Museum conserve l'un des plus grands ensembles du monde. Les fouilles de l'ASI ne restitueront que des fragments, dispersés entre Chennai, Londres et Amaravati. À R E T E N I R À Amaravati, l'image n'est pas faite pour être vue : elle est faite pour être lue, en tournant. Ce qui reste — un visage et des éclats — tient lieu de tout le récit. Buddhachannel — Collection « Les 100 plus beaux Bouddhas du monde » Fiche 05 · page 2

L E S Y M B O L E Les mains du Bouddha d'Amaravati sont calmes : paume superposée sur les jambes, le mudrā dhyāna — la méditation, rien d'autre. L'école n'a pas cherché l'audace du geste mais la continuité de l'attention : c'est l'image de quelqu'un qui a fini de chercher. Autour de lui, en revanche, tout remue. Le personnage occupe un médaillon au milieu d'une frise peuplée : donatrices coiffées, gardiens, nagas à la couronne serpent, éléphants qui arrosent, moines qui avancent. La scène ne décore pas le sujet, elle le raconte, et la doctrine passe par là : le Bouddha n'est jamais seul, il est le point d'un réseau de mérites et de mémoires. Ce que cette narration invente, tout le bouddhisme l'a repris : la paroi à épisodes que l'on lit en tournant autour du monument — ancêtre des fresques de Nara et des grottes de Dunhuang. Le fidèle, lui, vient y faire son tour de stupa, offrir une petite dalle votive taillée à son nom, et disparaître à son tour dans la masse de la pierre. On vient à Amaravati chercher la trace d'un lieu qui a enseveli son propre dieu, puis a été rendu, pièce à pièce, à la lumière. L I R E L ' I M A G E La couverture montre un Bouddha en calcaire vert-gris, assis en padmāsana sur un coussin de lotus, inscrit dans une haute stèle : les mains superposées en dhyāna sur les jambes, la robe franchissant les deux épaules en plis fins et réguliers, le visage ovale aux yeux presque clos sous une mèche en spirale. Le décor survit mal : une arcade en trèfle encadre la tête, le socle inférieur garde une frise de figures à peine lisible, et toute la surface porte les éclats, les cassures et les reprises d'un enduit que vingt siècles ont mordu. La pierre pâle, posée devant un mur de musée, se lit comme une page arrachée d'un livre plus grand qu'elle. R E P È R E S C H R O N O L O G I Q U E S IIIᵉ s. av. J.-C. Première construction du mahācetiya à Dharanikota vers 50 Grand chantier d'agrandissement et remplacement des sculptures vers 250 Achèvement du monument sous les dynasties locales XIIᵉ-XIVᵉ s. Encore citée comme centre de bouddhisme ésotérique, puis oubliée 1816 Colin Mackenzie dresse les plans de la « colline des lumières » 1845 Walter Elliot explore le site et fait porter les sculptures à Madras XIXᵉ siècle Les grands ensembles partent vers Chennai et Londres depuis Fouilles et remise en état par l'Archaeological Survey of India P O U R Q U O I I L F I G U R E PA R M I L E S 1 0 0 Deux points ont été perdus sur l'état : presque tout le reste est fragment. Mais l'école d'Amaravati a formé tout le Sud — de l'Andhra au Sri Lanka — et ses frises ont inventé la scène à épisodes que tout le bouddhisme a ensuite adoptée. Harmonie des proportions Expression du visage État de conservation Rayonnement historique Émotion ressentie Total  20 / 25 Buddhachannel — Collection « Les 100 plus beaux Bouddhas du monde » Fiche 05 · page 3

V I S I T E R ACCÈS Amaravati se situe à environ 35 km de Guntur et 180 km d'Hyderabad ; Guntur (gare et aéroport) puis route de Pangal ; la côte est et le réseau ferroviaire de l'Andhra desservent la région. MEILLEURE PÉRIODE Novembre à février ; le matin, quand la lumière rase la pierre pâle du site et du musée. SUR PLACE Petit temple moderne abritant une statue du Bouddha, ruines du mahācetiya et de sa clôture, musée archéologique d'Amaravati : dalles votives, fragments à inscriptions, restitutions des trois phases de décoration. COMBINÉ Nagarjunakonda à une cinquantaine de kilometres (musée sur île), Goli et Jaggayyapeta, les autres chantiers de l'école ; Hyderabad pour ses musées. PRÉCAUTIONS Site exposé : eau et casquette ; chaussures retirées au temple ; l'ASI ferme certains jours fériés. V O C A B U L A I R E D E L A F I C H E MAHĀCETIYA « Grande tour de reliques » : le nom que les inscriptions du site donnent au stupa. JĀTAKA Récits des vies antérieures du Bouddha, sujet principal des bas-reliefs d'Amaravati. VEDIKĀ La clôture à piliers et traverseurs qui ceinture le stupa ; 59 mètres de diamètre ici. ÉCOLE DE L'ANDHRA Style des plaines de la Krishna, contemporain de Mathura et du Gandhara. CALCAIRE D'AMARAVATI Pierre tendre verte-gris qui prend, en vieillissant, une teinte rosée caractéristique. V O I R A U S S I 02 Bouddha du Gandhara · 03 Bouddha de Mathura · 70 Bouddha de la Samadhi · 73 Gal Vihara (assis) · 84 Bouddha de Candi Mendut S O U R C E S & C R É D I T Sources : Wikipédia (en), « Amaravati Stupa » · Archaeological Survey of India, Amaravati Buddhist Site · Burgess, J., relevés de la clôture (British Museum) · Government Museum, Chennai, et British Museum, notices des ensembles d'Amaravati. Crédit de la couverture : Couverture : Bouddha en calcaire, musée archéologique d'Amaravati (Andhra Pradesh, Inde) — photo : Biswarup Ganguly, licence CC BY 3.0, via Wikimedia Commons. Statut éditorial : fiche 05 — validée pour publication — Dernière mise à jour : 28 septembre 2026 — Rubriques : 18 champs renseignés sur 18. Buddhachannel — Collection « Les 100 plus beaux Bouddhas du monde » Fiche 05 · page 4

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Fiche Originale — N° 05 Bouddha d'Amaravati

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