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HADDA · AFGHANISTAN (NANGARHAR) · IVᵉ–VIIᵉ SIÈCLE — LE SOURIRE DE STUC

Bouddhas de Hadda

Ensemble de sculptures en stuc découvertes sur le site de Hadda, près de Jalalabad (Afghanistan), célèbres pour la délicatesse hellénistique de leurs visages souriants, témoins de la rencontre entre la Grèce d'Alexandre et le bouddhisme.

Bouddhas de Hadda
Œuvre Bouddhas de Hadda
Origine & Période HADDA · AFGHANISTAN (NANGARHAR) · IVᵉ–VIIᵉ SIÈCLE — LE SOURIRE DE STUC
Format d'Étude Fiche patrimoniale (4 pages)
Auteurs Aliénor & Alain Delaporte-Digard

Étude & Contemplation de l'Œuvre

Texte intégral extrait de la fiche d'archive d'Alain & Aliénor Delaporte-Digard :

N° 08 BOUDDHAS DE HADDA HADDA · AFGHANISTAN (NANGARHAR) · IVᵉ–VIIᵉ SIÈCLE — LE SOURIRE DE STUC Couverture : Bouddha assis en stuc, site de Hadda (Afghanistan), période kouchane tardive — Cleveland Museum of Art, numéro de collection 1967.39, licence CC0, via Wikimedia Commons.

Bouddhas de Hadda [a-da] · haḍ-ḍa NOM MASCULIN PLURIEL · STUC DU GANDHARA TARDIF · N° 08 DE LA COLLECTION Autres noms : Hadda · Haḍḍa · stucs de Hadda · école de Hadda · Nagaraha · le sourire de Hadda n. m. pl. — Ensemble des quelque 23 000 sculptures en terre et en plâtre mises au jour à Hadda, monastère gréco-bouddhiste de la vallée de Kaboul, dont les visages, taillés entre les IVᵉ et VIIᵉ siècles, portent la plus douce expression de tout le bouddhisme. F I C H E T E C H N I Q U E N° DANS LA COLLECTION PAYS Afghanistan — province de Nangarhar LIEU D'ORIGINE Hadda, à 10 km au sud de Djalalabad, sur la route de Kaboul LIEU DE CONSERVATION Musée national de Kaboul et collections dispersées ; couverture : Cleveland Museum of Art (1967.39) STATUT DU LIEU Site dit « presque entièrement détruit » lors des combats de la guerre civile ÉPOQUE IVᵉ-VIIᵉ siècle (style hellénistique tardif) MATIÈRE Stuc (plâtre) sur âme de bois et de clayonnage, à la feuille d'or DIMENSIONS Figures de petit et moyen format, souvent grandeur nature — mesure exacte non publiée POSTURE Assis en méditation, debout, ou en prédication MUDRĀ Dhyāna, dharmachakra ou abhaya, selon les pièces PERSONNAGE Śākyamuni et bodhisattvas, entourés de donors habillés à l'iranienne ÉCOLE / STYLE Dernier hellénisme — dernier avatar du gréco-bouddhisme ÉTAT Site pillé et endommagé (guerre civile des années 1990) ; pièces célèbres conservées à Kaboul, Paris, Cleveland L ' H I S T O I R E Hadda s'étend à dix kilomètres au sud de Djalalabad, sur le chemin qui va de la passe de Khyber à Kaboul : un monastère, en fait plusieurs, creusés et bâtis autour de stūpas, de vihāras et d'une grande clôture. Sur deux campagnes — les années 1930 et les années 1970 — les archéologues en extraient quelque 23 000 sculptures en terre crue et en plâtre, qu'on pourrait dire gréco-bouddhistes à la lettre : des chapiteaux corinthiens à l'acanthe, des frises de vendanges et de putti, des colonnes à fût cannelé qui auraient pu sortir d'un atelier d'Asie Mineure, servis par des corps de moines, des ascètes barbus et des dévots coiffés de diadèmes iraniens. Ce qui fit la gloire de Hadda la perdit : son site, fait de terre et de plâtre, n'a rien résisté. Les fouilles françaises des années 1930 et 1940, menées pour la DAFA, ont vidé le site avant la guerre ; les pièces sont dispersées entre le musée de Kaboul, le musée Guimet, Tokyo et les collections occidentales. Puis la guerre civile : les sources signalent dès le début de 1980 la destruction d'une statue et d'autres antiquités dans le musée de Hadda, et le site est décrit comme « presque entièrement détruit » par les combats des années 1990. Plusieurs ensembles sculptés, dont une stūpa en stuc, ont été reconstitués avec le musée national de Tokyo et se voient au musée Guimet de Paris. À R E T E N I R L'école de Hadda est la dernière à parler grec : ses visages portent un sourire d'Alexandrie qu'aucune guerre n'a réussi à effacer — même si le site, lui, a disparu. Buddhachannel — Collection « Les 100 plus beaux Bouddhas du monde » Fiche 08 · page 2

L E S Y M B O L E Ce que Hadda apporte au bouddhisme, c'est un visage. Le stuc, matière fraîche et modelée, permet ce que le schiste dur du Gandhara interdit : la paupière qui pèse, le coin de la bouche qui monte, le menton qui cède. Le mudrā dhyāna — les mains superposées dans le silence — y devient un relâchement complet : les épaules descendent, le ventre respire, le front s'ouvre. On ne regarde plus une doctrine, on regarde quelqu'un qui vient de l'entendre. La douceur n'est pas un ornement : c'est la thèse, celle du Bouddha qui enseigne que la fin de la souffrance n'est ni l'extase ni la sécheresse. Autour du visage, l'environnement reste grec — et c'est le second sens : deux traditions, séparées par des milliers de kilomètres, se réunissent sur un même plâtre. Ce que le pèlerin vient y chercher est donc double : le sourire, et la preuve qu'un idiome n'est jamais mort d'avoir voyagé. Même brisé, même dispersé, même sans site, le corpus de Hadda reste la plus grande bibliothèque d'expressions du bouddhisme ancien : vingt-trois mille visages dont nous n'avons conservé qu'une fraction, mais qui suffisent à documenter la façon dont la statue est devenue humaine. L I R E L ' I M A G E La couverture est une photo de musée : un Bouddha assis en stuc ivoire, posé devant un fond gris anthracite dégradé. Il est en padmāsana sur un socle à pétales, la robe franchissant les deux épaules en plis souples et très réguliers, les mains recueillies en dhyāna au niveau du ventre. Le visage ovale, aux paupières mi-closes et à la bouche courte, garde le modelé complet — c'est un des rares fragments où le nez et les lèvres sont intacts ; les mèches forment des volutes serrées sous une protubérance arrondie. L'enduit a disparu par plaques sur les épaules et le socle, laissant voir la matière crue : la lumière de studio fait ressortir ce qui reste, et ne cache rien de ce qui manque. R E P È R E S C H R O N O L O G I Q U E S IIIᵉ s. av. J.-C. Le Gandhara de l'est se couvre de monastères (Nagarahāra) IVᵉ-Vᵉ s. Apogée des grands monastères et de leurs stūpas en stuc 1930-1940 Fouilles françaises : quelque 23 000 sculptures mises au jour 1970 Dernières campagnes de fouilles avant la guerre 1980 Destructions signalées au musée de Hadda 1990 Le site est décrit comme « presque entièrement détruit » par les combats 2001 Reconstitution d'ensembles : Guimet et musée national de Tokyo P O U R Q U O I I L F I G U R E PA R M I L E S 1 0 0 Vingt-et-un points : l'expression et l'harmonie sont au maximum, l'état ne l'est pas — le site a disparu et la plupart des pièces sont fragmentaires. Ce qui reste, en revanche, fait de Hadda la plus grande réserve d'expressions du bouddhisme ancien. Harmonie des proportions Expression du visage État de conservation Rayonnement historique Émotion ressentie Total  21 / 25 Buddhachannel — Collection « Les 100 plus beaux Bouddhas du monde » Fiche 08 · page 3

V I S I T E R ACCÈS Hadda se situe à 10 km au sud de Djalalabad, sur l'axe Peshawar-Kaboul ; aéroport de Djalalabad ; la route est rapide mais le site n'est pas aménagé. MEILLEURE PÉRIODE Printemps et automne ; tôt le matin, quand la poussière de la route n'a pas encore voilé les ruines. SUR PLACE Ruines des monastères et de la clôture, colline des stūpas, grottes voisines de Kakrak et de Guldara, vallée de la rivière Kunar : le pèlerin y vient surtout pour constater. COMBINÉ Djalalabad (mausolées, jardins), la route de Kaboul par les gorges, Bamiyan à l'ouest ; le musée Guimet à Paris pour les ensembles reconstitués. PRÉCAUTIONS Zone sensible : situation à vérifier avec son hôtel ; ne rien prélever — chaque éclat de stuc est le fragment d'une sculpture dispersée. V O C A B U L A I R E D E L A F I C H E STUC Plâtre modelé sur une âme : matière fraîche qui se prête à l'expression — le contraire du schiste dur du Gandhara. NAGARAHĀRA Nom antique de la région de Djalalabad, l'un des foyers du gréco-bouddhisme. DAFA Délégation archéologique française en Afghanistan, créée en 1922, à l'origine des grandes fouilles de Hadda. HELLÉNISME TARDIF Style qui prolonge les formes grecques plusieurs siècles après leur disparition d'Occident. GULDARA Stūpa voisin de Hadda, dont la tour à étages rappelle les constructions de la même école. V O I R A U S S I 02 Bouddha du Gandhara · 07 Bouddhas de Bamiyan · 09 Bouddha assis de Fondukistan · 10 Bouddha de Butkara · 11 Bouddha de Taxila (Jaulian) S O U R C E S & C R É D I T Sources : Wikipédia (en), « Hadda, Afghanistan » · Cleveland Museum of Art, notice du Seated Buddha, 1967.39 · Musée Guimet, Paris, notices des ensembles de Hadda · rapports de la Délégation archéologique française en Afghanistan (fouilles des années 1930-1940). Crédit de la couverture : Couverture : Bouddha assis en stuc, site de Hadda (Afghanistan), période kouchane tardive — Cleveland Museum of Art, numéro de collection 1967.39, licence CC0, via Wikimedia Commons. Statut éditorial : fiche 08 — validée pour publication — Dernière mise à jour : 28 septembre 2026 — Rubriques : 18 champs renseignés sur 18. Buddhachannel — Collection « Les 100 plus beaux Bouddhas du monde » Fiche 08 · page 4

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Fiche Originale — N° 08 Bouddhas de Hadda

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