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Dictionnaire des Traditions Bouddhiques

GELUG

དགེ ་ལུགས་ · 格魯派 · ⻩教 — « l’école de la vertu »

དགེ ་ལུགས་ · 格魯派 · ⻩教 — « l’école de la vertu »

Repères Fondamentaux

Fiche de Synthèse Doctrinale

NATURE
École tibétaine
FONDATEUR
Tsongkhapa (1357–1419)
ORIGINE
ET TRANSMISSION

ÉCOLE TIBÉTAINE · XV<sup>e</sup> SIÈCLE · LAMRIM DI-00009

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GELUG

དགེ ་ལུགས་ · 格魯派 · ⻩教 — « l’école de la vertu » Le Gelug ( དགེ ་ལུགས , « école de la vertu »), dite aussi « école jaune », est la plus récente des grandes écoles tibétaines, fondée par Tsongkhapa au XVe siècle. Elle met l’accent sur l’étude, la discipline monastique et le chemin gradué (lamrim), et compte les Dalai-Lama. FONDATION XVe siècle VOIE CENTRALE Lamrim (chemin gradué) MONASTÈRES Ganden · Drepung · Sera TITRES Dalai-Lama · Panchen-Lama TEXTES lamrim · tantras · traités AIRE Tibet · Mongolie · diaspora

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LE CHEMIN GRADUÉ ET LA DISCIPLINE

Le Gelug naît de la réforme de Tsongkhapa, qui réorganise l’étude, la discipline et la pratique tantrique. Il synthétise l’héritage des Kadampa et des grandes écoles indiennes dans un lamrim, chemin gradué vers l’éveil. Trois grands monastères — Ganden, Drepung et Sera — en firent la principale puissance religieuse du Tibet, et ses maîtres, les Dalai-Lama, exercèrent un rôle politique de premier plan. Son exigence d’étude et de débat en fit l’école de référence pour la philosophie bouddhique tibétaine. Tsongkhapa (1357–1419), lettré et réformateur, fonde en 1409 le monastère de Ganden et donne à l’école sa doctrine et sa discipline. Ses successeurs développent Drepung et Sera. Devenu dominant au Tibet à partir du XVIIe siècle, le Gelug structure durablement la vie religieuse et politique du pays. LE RÔLE DES DALAI-LAMA Reconnus dès le XVIe siècle comme chefs spirituels du Gelug, les Dalai-Lama exercèrent aussi le pouvoir temporel au Tibet. Le quatorzième, Tenzin Gyatso, prix Nobel de la paix, en est la figure contemporaine. La lignée des Panchen-Lama, rattachée à Tashilhunpo, forme la seconde grande lignée de l’école.

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LE LAMRIM

Le lamrim, « étapes du chemin », organise la progression du pratiquant : précieuse existence humaine, impermanence, refuge, karma, renoncement, bodhicitta, puis sagesse. Il permet d’embrasser l’ensemble des enseignements dans un ordre cohérent. Chaque étape s’appuie sur la précédente : la compréhension du karma soutient le renoncement, qui fonde la bodhicitta, qui ouvre à la sagesse.

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L’ÉTUDE ET LE DÉBAT

Le Gelug place l’étude rationnelle au cœur de la formation : dialectique, mémorisation et débat contradictoire structurent la vie des grands monastères. Cette culture savante en fait une école de référence pour la philosophie bouddhique. On y étudie les cinq grands traités (Abhidharma, Vinaya, Madhyamaka, Pram ā ṇ a, P ā ramit ā ), qui forment l’armature du savoir monastique.

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LA VOIE DES TROIS ENTRAÎNEMENTS

Le chemin se résume en trois entraînements : éthique, concentration et sagesse, mis en œuvre selon le lamrim et les tantras. MADHYAMAKA PR Ā SA Ṅ GIKA Le Gelug adopte le Madhyamaka pr ā sa ṅ gika de Candrak ī rti comme philosophie de référence, qu’il articule à l’étude et à la pratique tantrique.

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LES TANTRAS ET LA VOIE RAPIDE

Dans le Gelug, la réalisation de la vacuité s’unit aux méthodes tantriques pour une voie rapide vers l’éveil. Le maître doit maîtriser à la fois les s ū tras, les traités et les tantras, dans une synthèse rigoureuse. Les tantras inférieurs et supérieurs sont intégrés au lamrim, en veillant à l’observance des vœux et des engagements.

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LA VÉRITÉ ET LA VACUITÉ

Le Gelug enseigne que tous les phénomènes sont vides d’existence propre, et que cette vacuité doit être réalisée dans l’expérience, non seulement comprise. La vue pr ā sa ṅ gika dissout les extrêmes et fonde une éthique de la compassion, au service de tous les êtres.

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LA DISCIPLINEMONASTIQUE

L’école insiste sur la stricte observance du Vinaya : ordination, vœux et vie communautaire encadrée. La discipline est vue comme le socle indispensable de l’étude et de la méditation. Cette rigueur donne au Gelug sa réputation d’école austère et savante.

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LAMDRÉ ET ÉTUDE

Les Gelug mettent au premier plan le lamdré, les étapes du chemin, et l’étude systématique des textes, dans la ligne de Tsongkhapa. Monachisme, débat, exégèse et méditation forment un tout, structuré par l’éthique et la progressivité.

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MONACHISME ET TANTRA

L’école développa de grands collèges monastiques, où se formaient des générations de savants et de maîtres. À l’étude s’ajoute la pratique tantrique, encadrée par les vœux, qui conduit à l’éveil selon la voie graduée.

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LA DOCTRINE DES GELUG

L’école Gelug, fondée par Tsongkhapa, met au premier plan le lamdré, les étapes du chemin, et l’étude systématique des textes. Tsongkhapa insista sur la pureté du Vinaya, la vue de la vacuité selon le Pr ā sa ṅ gika et la pratique tantrique encadrée par les vœux. Le monachisme, les débats et l’exégèse forment le socle d’une formation longue, dans les grands collèges monastiques. L’école articule renoncement, esprit d’éveil et vue de la vacuité, jusqu’aux tantras du K ā lacakra et du Guhyasam ā ja. Dirigée historiquement par les Dalaï-lamas et les Panchen-lamas, elle compte parmi les principales écoles tibétaines. Le lamdré se déploie des trois capacités jusqu’à la vue de la vacuité unie à la compassion, dans la ligne de Tsongkhapa. L’école forma de grands collèges — Ganden, Drepung, Sera — foyers du débat et du savoir tibétains.

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LES PRATIQUES

Étude et débat, méditation du lamrim, pratiques tantriques des divinités et récitation de mantras composent la vie gelug. Les préliminaires et les retraites préparent aux voies avancées. La méditation analytique, qui raisonne sur les points du lamrim, tient une place centrale chez les lettrés comme chez les moines.

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LES RITES

Les rituels gelug comprennent initiations, sadhana des divinités, offrandes, rituels du feu, danses masquées (cham) et grandes cérémonies des monastères. Les fêtes, notamment celles du Nouvel An et de la mémoire de Tsongkhapa, rassemblent des foules immenses, et les rituels de protection ou de longue vie occupent une place importante. Les rites funéraires et du bardo, ainsi que les cérémonies des Dalai-Lama et Panchen-Lama, marquent la vie religieuse du Tibet et de la diaspora. DÉVOTION, RETRAITES ET PÈLERINAGES La dévotion au maître, aux lignées et à Tsongkhapa structure la piété gelug. Les pèlerinages vers Lhassa, le Potala, le Jokhang et les grands monastères rassemblent les fidèles. Les retraites tantriques et les sessions de pratique intensive caractérisent la formation des moines et des pratiquants avancés.

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REPÈRES CHRONOLOGIQUES

1357 — naissance de Tsongkhapa. 1409 — fondation de Ganden. XVIe s. — premiers Dalai-Lama. XVIIe s. — pouvoir gelug au Tibet. XXe–XXIe s. — exil et diffusion mondiale.

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GELUG

LES GRANDS TEXTES · LE GRAND VOYAGE

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LES GRANDS TEXTES

Le Gelug s’appuie sur le lamrim (avec le Lamrim Chenmo de Tsongkhapa), le ngagrim (étapes du tantra) et les grands traités de Tsongkhapa sur la vacuité. Le Madhyamakak ā rik ā de N ā g ā rjuna en est la référence philosophique. S’y ajoutent les traités d’At ī ś a, les commentaires sur le Madhyamaka pr ā sa ṅ gika, les manuels de débat et une immense littérature monastique, étudiée dans les trois grands monastères.

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TEXTES MAJEURS

Lamrim Chenmo — Tsongkhapa. Ngagrim — Étapes du tantra. Madhyamakak ā rik ā — N ā g ā rjuna. Traités de Tsongkhapa — Fondements doctrinaux. Bodhipathaprad ī pa — At ī ś a.

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NOTIONS CLÉS

Lamrim — Chemin gradué. Bodhicitta — Esprit d’éveil. Pr ā sa ṅ gika — Voie du milieu. Vinaya — Discipline. Débat — Dialectique.

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LE GRAND VOYAGE

Le Gelug recueille l’héritage indien (N ā g ā rjuna, Asa ṅ ga) et kadampa, le reformule à l’époque de Tsongkhapa, puis s’étend au Tibet, à la Mongolie et, par la diaspora, au monde. Son organisation monastique et son exigence d’étude en firent l’école dominante du Tibet.

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FIGURES ET TRANSMISSIONS

Inde. N ā g ā rjuna, Asa ṅ ga, Candrak ī rti. Tibet. At ī ś a, Dromtön ; Tsongkhapa ; les Dalai-Lama et Panchen-Lama. Modernité. Le quatorzième Dalai-Lama, Tenzin Gyatso, et les grands maîtres de la diaspora.

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LANGUES ET ÉCRITURES

Le Gelug travaille en tibétain classique, sur les traductions des traités indiens et sur ses propres sommes. Les mantras sont transmis en siddha ṃ , et l’étude des écritures tibétaines occupe une place centrale.

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GELUG

RELATIONS · VOCABULAIRE · À RETENIR

RELATIONS AVEC LES AUTRES TRADITIONS

Avec les autres écoles tibétaines. Nyingma, Kagyu, Sakya et Gelug partagent le Vajrayāna ; le Rimé a favorisé leurs échanges, même si l’histoire connut des tensions. Avec la Mongolie. Devenue religion dominante, l’école a marqué durablement la culture mongole. Avec le pouvoir. Le Gelug illustre le lien entre bouddhisme et royauté, entre autorité spirituelle et temporelle.

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VOCABULAIRE À CONNAÎTRE

Gelug — École de la vertu. Lamrim — Chemin gradué. Tsongkhapa — Fondateur. Dalai-Lama — Chef spirituel. Panchen-Lama — Lignée majeure. Pr ā sa ṅ gika — Voie du milieu. Ganden — Monastère fondateur. Cham — Danse rituelle.

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À RETENIR

Le Gelug, fondé par Tsongkhapa au XVe siècle, met au centre l’étude, la discipline et le lamrim. Dominant au Tibet, il compte les Dalai-Lama et a durablement marqué la Mongolie et le bouddhisme moderne.

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MOTS ASSOCIÉS

Tsongkhapa · lamrim · ngagrim · Dalai-Lama · Panchen-Lama · Ganden · Drepung · Sera · At ī ś a · Kadampa · pr ā sa ṅ gika · Candrak ī rti · Mongolie · Tibet · Vajrayāna · Rimé · débat

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RENVOIS DANS LE DICTIONNAIRE

Voir aussi : VAJRAY Ā NA · LAMRIM · AT Ī Ś A · KADAMPA · DALAI-LAMA · PANCHEN-LAMA · GANDEN · DREPUNG · SERA · M Ā DHYAMAKA PR Ā SA Ṅ GIKA · TIBET · NYINGMA · KAGYU · SAKYA · MONGOLIE. Aliénor & Alain Delaporte-Digard