JŌDO
浄⼟宗 — « l’école de la Terre Pure »
浄⼟宗 — « l’école de la Terre Pure »
JŌDO
- 浄⼟宗 —
- « l’école de la Terre Pure »
Le Jōdo (浄土宗) est l’école japonaise de la Terre Pure, fondée par Hōnen au XIIe siècle. Elle enseigne que la foi en Amida et la récitation de son nom (nembutsu) permettent de renaître dans la terre de félicité et d’atteindre l’éveil.
FONDATION XIIe siècle
BOUDDHA Amida (Amitābha) PRATIQUE CENTRALE nembutsu TEXTE sūtras de la Terre Pure · Ōjō yōshū
AIRE Japon
POSTÉRITÉ Jōdo Shinshū · Ji-shū
LA VOIE DE L’AUTRE POUVOIR
Hōnen, formé sur le mont Hiei, conclut que l’époque est celle des « temps derniers » (mappō) : les voies fondées sur les seules forces propres sont devenues impraticables. Il prône la confiance en Amida et la simple récitation du nembutsu.
Cette voie de l’« Autre Pouvoir » ouvrit le bouddhisme au plus grand nombre, laïcs compris, et engendra une des plus vastes traditions du Japon.
Elle marqua en profondeur la piété, l’art et les rites de la mort du pays.
Le Jōdonaît de l’enseignement de Hōnen (1133–1212), moine tendai déçu par les voies érudites. Dès 1175, il enseigne la récitation exclusive du nembutsu, s’appuyant sur les maîtres chinois de la Terre Pure (Tanluan, Daochuo, Shandao) et sur l’œuvre de Genshin (l’ Ōjō yōshū), qui avait préparé le terrain dès le Xe siècle.
Sa prédication attire disciples et foules, et il forme une communauté autour de l’idée que l’époque des temps derniers exige une voie accessible à tous. Il subit la persécution et l’exil, mais son enseignement s’imposa.
Après sa mort, ses disciples — dont Shinran et Shōkū — organisèrent des courants distincts, tandis que le Jōdo devenait l’une des plus grandes écoles du Japon. Il fut lié, au fil des siècles, aux pouvoirs et aux familles, et marqua la vie religieuse de tout le pays.
La transmission reposa sur les temples, les lignées et la piété populaire : le Jōdofit du nembutsu une pratique quotidienne, au cœur des foyers comme des monastères.
UNE LARGE POSTÉRITÉ
Du Jōdo naissent le Jōdo Shinshū de Shinran et la Ji-shū d’Ippen, tandis que d’autres courants de la Terre Pure se développent. L’école marque durablement la piété, l’art et la mort au Japon.
Sa simplicité en fit l’un des visages les plus populaires du bouddhisme japonais.
JŌDO
LA TERRE PURE D’AMIDA
Amida (Amitābha) a fait le vœu de créer une terre de félicité où les êtres renaissent pour s’éveiller. Le Jōdo enseigne que la foi (shinjin) et le nembutsu permettent cette renaissance, indépendamment des mérites personnels.
La terre de félicité n’est pas un paradis matériel, mais un milieu idéal d’éveil, d’où l’on ne retombe plus dans les états inférieurs.
L’AUTRE POUVOIR
Le tariki, « Autre Pouvoir », désigne la force d’Amida qui porte le fidèle, par opposition aux voies du « pouvoir propre » (jiriki). Il ne dispense pas de la vie morale, mais situe la libération dans la grâce du vœu d’Amida.
Cette confiance libère de l’angoisse de ne pas y arriver par soi-même : la délivrance est un don.
LE NEMBUTSU
La pratique centrale est la récitation du nom d’Amida (Namu Amida Butsu). Simple, universel, il peut être pratiqué partout, jusqu’au dernier instant.
L’ÉPOQUE DES TEMPS DERNIERS
La conviction de vivre en mappō, temps de déclin, motive l’abandon des voies difficiles au profit du nembutsu, accessible à tous.
LA FOI ET LA RENAISSANCE
La renaissance en Terre Pure se pense par la foi, non par l’accumulation de mérites. Elle garantit la progression vers l’éveil dans des conditions idéales, au terme de la vie présente.
La dévotion prend appui sur Amida et sa terre, mais aussi sur les maîtres qui ont transmis cette confiance.
LE VŒU ET LA GRÂCE
Le dix-huitième vœu d’Amida, qui promet la renaissance à ceux qui l’invoquent, est au cœur de la doctrine. La grâce du vœu embrasse tous les êtres sans exception.
L’école insiste sur la miséricorde d’Amida, qui sauve même les plus faibles et les plus fautifs, dès lors qu’ils ont confiance.
LA PRATIQUE ET LA VIE
Le nembutsu n’est pas réservé aux moines : il est la pratique des laïcs, des humbles, des mourants. Il accompagne la vie quotidienne et le moment de la mort.
La simplicité de cette voie explique son immense diffusion et sa proximité avec la religiosité populaire japonaise.
LE NEMBUTSU
La pratique centrale du Jōdō est le nembutsu : la récitation du nom d’Amitābha (Namu Amida Butsu), soutenue par la foi.
En s’appuyant sur le vœu d’Amitābha, le fidèle espère renaître en terre pure et y progresser vers l’éveil.
HONEN ET LA VOIE
Honen, fondateur du Jōdō au Japon, enseigna que le nembutsu suffit en ce « dernier âge », ouvrant la voie à tous.
Sa simplicité suscita des débats, mais fit du Jōdō l’une des principales écoles du bouddhisme japonais.
LA DOCTRINE DU JŌDŌ
Le Jōdō enseigne que, dans le « dernier âge » du Dharma, la voie du nembutsu — récitation du nom d’Amitābha — est la plus sûre.
En s’appuyant sur le vœu d’Amitābha, le fidèle espère renaître en terre pure et y progresser vers l’éveil.
Honen, fondateur de l’école au Japon, soutint que le nembutsu suffit et s’adresse à tous, savants comme humbles.
La pratique associe la foi, le vœu et la récitation, dans une confiance en la compassion d’Amitābha.
Simple et accessible, le Jōdō compte parmi les grandes voies du bouddhisme japonais.
Le nembutsu se récite comme « Namu Amida Butsu », expression de la foi et de la gratitude envers Amitābha.
L’école enseigne que cette pratique, accessible à tous, suffit pour atteindre la terre pure.
Le Jōdōs’adresse à tous, savants comme humbles, par la simplicité du nembutsu.
La foi, le vœu et la récitation mènent à la terre pure d’Amitābha, où l’on progresse.
L’école compte parmi les grandes voies du bouddhisme japonais.
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LES PRATIQUES
Le nembutsu, la dévotion à Amida, les offices, les fêtes du calendrier et les rites funéraires constituent la vie du Jōdo. Sa simplicité fit de l’école une présence quotidienne dans les foyers japonais.
La récitation, seule ou en assemblée, l’autel domestique, les offrandes et les veillées entourent les étapes de la vie et de la mort.
LES RITES
Les offices de nembutsu, les services de mémoire des maîtres (notamment Hōnen) et les cérémonies du calendrier rythment la vie des temples. Les funeral rites occupent une place centrale : au dernier instant, la récitation accompagne le défunt vers la Terre Pure.
Les rites funéraires, les services pour les ancêtres et les célébrations de l’équinoxe (higan) et de la fête des morts (obon) marquent profondément la société japonaise.
Les grandes cérémonies, comme la commémoration de Hōnen, rassemblent les fidèles autour du fondateur et de sa doctrine.
DÉVOTION, RETRAITES ET PÈLERINAGES
La dévotion à Amida et à Hōnen structure la piété. On vénère leurs images et leur mémoire dans les temples et les autels domestiques.
Les pèlerinages vers les grands temples de la Terre Pure et vers les lieux liés à Hōnen unissent marche et prière, tandis que les retraites de nembutsu intensifient la pratique.
REPÈRES CHRONOLOGIQUES
- Xe s. — Genshin et l’ Ōjō yōshū.
- 1175 — Hōnen enseigne le nembutsu.
- XIIIe s. — Shinran et Ippen ouvrent d’autres voies.
- Époque d’Edo —
- codification des branches.
- Moderne —
- diffusion mondiale.
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LES GRANDS TEXTES · LE GRAND VOYAGE
LES GRANDS TEXTES
Le Jōdos’appuie sur les sūtras de la Terre Pure — le Sūtralong (Sukhāvatī vyūha), le Sūtra court d’Amitābha et le Sūtra de la méditation —, traduits en chinois, notamment par Kumārajīva, et sur les commentaires des maîtres chinois.
L’Ōjō yōshū de Genshin, qui décrit la terre de félicité et les moyens d’y renaître, fut une source majeure pour Hōnen. Le Senchaku-hongan- nembutsu-shū de Hōnen et les écrits de ses disciples forment le corpus de l’école.
TEXTES MAJEURS
- Sūtra de la Terre Pure —
- Sukhāvatī vyūha.
- Sūtra d’Amitābha —
- Texte court.
- Ōjō yōshū —
- Genshin.
- Senchaku-shū —
- Hōnen.
- Commentaires de Shandao —
- Source chinoise.
NOTIONS CLÉS
- Nembutsu —
- Invocation.
- Amida —
- Bouddha.
- Tariki —
- Autre Pouvoir.
- Mappō —
- Temps derniers.
- Ōjō —
- Renaissance.
LE GRAND VOYAGE
La dévotion à Amida vient de l’Inde et de la Chine (Jingtu), nourrie par des sūtras traduits et par la piété du mont Lu. Au Japon, Genshin puis Hōnen en font le cœur d’une voie ouverte à tous.
L’école essaima dans tout le pays et, au XXe siècle, se diffusa hors du Japon par les communautés de la diaspora.
FIGURES ET TRANSMISSIONS
Chine. Tanluan, Daochuo, Shandao.
Japon. Genshin ; Hōnen ; ses disciples, dont Shinran et Shōkū.
Postérité. Le Jōdo Shinshū, la Ji-shū et les nombreux courants du nembutsu.
LANGUES ET ÉCRITURES
Le Jōdo travaille sur les traductions chinoises des sūtras d’Amida, récités et médités en japonais. Le nembutsu lui-même est une formule en langue courante, ce qui a beaucoup contribué à la popularité de l’école.
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RELATIONS · VOCABULAIRE · À RETENIR
RELATIONS AVEC LES AUTRES TRADITIONS
Avec le Tendai. Hōnenfut formé au mont Hiei ; sa voie s’affirma face à l’érudition tendai.
Avec le Jōdo Shinshū. Shinran, disciple de Hōnen, radicalisa l’accent sur la foi et la grâce, donnant naissance à une branche distincte.
Avec le Zen et le Nichiren. Nées à la même époque, ces voies diffèrent radicalement : nembutsu, assise, ou daimoku du Lotus.
VOCABULAIRE À CONNAÎTRE
- Jōdo —
- Terre Pure.
- Amida —
- Bouddha.
- Nembutsu —
- Invocation.
- Tariki —
- Autre Pouvoir.
- Mappō —
- Temps derniers.
- Hōnen —
- Fondateur.
- Shinjin —
- Foi.
- Ōjō —
- Renaissance.
À RETENIR
Le Jōdo, fondé par Hōnen, enseigne la voie de la Terre Pure : par la foi en Amida et le nembutsu, le fidèle renaît dans la terre de félicité.
Simple et universelle, cette voie marqua profondément la piété japonaise.
MOTS ASSOCIÉS
RENVOIS DANS LE DICTIONNAIRE
GENSHIN · SHINRAN · ŌJŌYŌSHŪ · MAPPŌ.
Aliénor & Alain Delaporte-Digard