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Dictionnaire des Traditions Bouddhiques

NYINGMA

ི ང་མ་ · 寧瑪派 — « l’école ancienne »

ི ང་མ་ · 寧瑪派 — « l’école ancienne »

Repères Fondamentaux

Fiche de Synthèse Doctrinale

NATURE
École tibétaine ancienne
ORIGINE
ET TRANSMISSION

ÉCOLE ANCIENNE · TIBET · VIII<sup>e</sup> SIÈCLE · DZOGCHEN DI-00006

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NYINGMA

ི ང་མ་ · 寧瑪派 — « l’école ancienne » Le Nyingma ( ི ང་མ , « ancien ») est la plus ancienne école du bouddhisme tibétain. Issue des transmissions du VIIIe siècle et de Padmasambhava, elle cultive les tantras anciens, les trésors (terma) et la Grande Perfection (Dzogchen). FONDATION VIIIe siècle FIGURE MAJEURE Padmasambhava (Guru Rinpoché) TANTRAS PROPRES Mah ā yoga · Anuyoga · Atiyoga SOMMET Dzogchen (Grande Perfection) TEXTES tantras anciens · terma CENTRES Samye · Mindrolling · Dorje Drak AIRE Tibet · Himalaya · diaspora

LA LIGNÉE DES TRANSMISSIONS ANCIENNES

Le Nyingma se réclame des transmissions les plus anciennes du Tibet, reçues au VIIIe siècle lors de l’établissement du bouddhisme. Il les conserve en deux courants : le kama, chaîne de transmissions continues, et le terma, enseignements cachés puis redécouverts par les tertön. Il n’a pas de hiérarchie unique : les lignées familiales et monastiques, les centres de l’est du Tibet et de l’Himalaya composent une constellation vivante. Sa doctrine culmine dans le Dzogchen, voie de reconnaissance directe de la nature de l’esprit, qui distingue le Nyingma au sein du bouddhisme tibétain. Le Nyingma remonte à Padmasambhava et aux maîtres du VIIIe siècle, à l’époque de Samye. Après une période de déclin, il connaît des renouveaux successifs, notamment grâce aux grands tertön et au mouvement Rimé au XIXe siècle. Ses lignées se transmettent de maître à disciple et par les révélations des tertön, qui renouvellent sans cesse sa doctrine et ses pratiques.

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SA PLACE AU TIBET

« École ancienne », il se distingue des « nouvelles » écoles (Kagyu, Sakya, Gelug) issues des traductions postérieures. Il est particulièrement lié au Dzogchen et aux pratiques rituelles des monastères de l’est tibétain et du Népal. Sa grande liberté institutionnelle et la richesse de ses trésors en font une tradition à la fois savante, yogique et profondément rituelle.

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LES NEUF VÉHICULES

Le Nyingma organise la voie en neuf véhicules : les trois véhicules communs (auditeurs, éveillés-pour-soi, bodhisattvas) et six véhicules tantriques, dont les trois tantras internes — Mah ā yoga, Anuyoga, Atiyoga. Cette classification situe l’ensemble des enseignements et culmine dans l’Atiyoga, la Grande Perfection (Dzogchen), considérée comme le sommet de la voie.

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LE DZOGCHEN

Le Dzogchen (Grande Perfection) enseigne que la nature de l’esprit est primordiale, lumineuse et vide. Au lieu de construire l’éveil, il invite à reconnaître cette nature déjà présente, par la transmission et la contemplation. Sa pratique repose sur la rigpa, la présence éveillée, maintenue au-delà de la méditation et de l’effort.

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KAMA · LA PAROLE TRANSMISE

La lignée du kama transmet de maître à disciple, sans interruption, les enseignements reçus au VIIIe siècle.

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TERMA · LES TRÉSORS

Les terma sont des enseignements cachés par Padmasambhava et ses disciples, redécouverts aux époques appropriées par des tertön.

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LES TROIS SÉRIES DU DZOGCHEN

Le Dzogchen se déploie en trois séries : Semde (esprit), Longde (espace) et Mengakde (instruction secrète). Elles offrent trois approches complémentaires de la nature de l’esprit. Semde insiste sur la nature de l’esprit, Longde sur l’espace et les énergies, Mengakde sur l’instruction directe du maître, considérée comme la plus précieuse.

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LA VACUITÉ ET L’ÉVEIL PRIMORDIAL

Le Nyingma unit la vue de la vacuité (M ā dhyamaka) à la reconnaissance de la nature éveillée de l’esprit. L’éveil n’est pas fabriqué : il est l’état naturel, seulement voilé par les constructions mentales. Cette vision donne à l’école sa tonalité : dynamique, contrastée, fondée sur la présence plutôt que sur l’effort.

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LES DIVINITÉS ET LES TROIS RACINES

La voie prend appui sur les « trois racines » : le maître (lama), les divinités méditatives (yidam) et les protecteurs (deux sortes de divinités courroucées et protectrices du Dharma). Les tantras nyingma accordent une grande place à Padmasambhava, aux dakini et aux divinités courroucées, supports de transformation.

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DZOGCHEN ET TERMA

Le Nyingma tient le Dzogchen pour son enseignement le plus élevé : la reconnaissance directe de la nature de l’esprit. Il s’appuie aussi sur les terma, enseignements cachés par Padmasambhava et redécouverts par les tertön, qui renouvellent sa tradition.

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LA PRATIQUE DES NYINGMA

L’école cultive les tantras, les sadhana, les retraites et l’étude, dans une voie qui unit gradualité et reconnaissance directe. Ses monastères et centres, du Tibet à l’exil, forment les moines et transmettent les cycles révélés.

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LA DOCTRINE DU NYINGMA

Le Nyingma, « ancienne école », se réclame de Padmasambhava et des premiers enseignements du bouddhisme au Tibet. Il tient le Dzogchen — la Grande Perfection — pour son enseignement le plus élevé : la nature de l’esprit, vide et lumineuse, est déjà parfaite. L’école s’appuie aussi sur les tantras, notamment les trois séries de l’esprit, de l’espace et des instructions secrètes. Les terma, enseignements cachés et redécouverts par les tertön, renouvellent sa tradition à chaque époque. Ses neuf véhicules classent les voies du sûtra et du tantra jusqu’au Dzogchen, sommet de la réalisation. L’école fut préservée au Tibet, puis en exil, notamment à travers les six grands monastères et les centres du monde. Le Dzogchen, cœur de son enseignement, invite à reconnaître la nature de l’esprit, déjà libre et lumineuse.

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LES PRATIQUES

Les pratiques nyingma incluent la récitation de mantras, la visualisation de divinités, les offrandes, les prosternations et la méditation du Dzogchen. La journée du pratiquant mêle rituel, étude et contemplation. Les préliminaires (ngöndro) — prosternations, refuge, mandala, purification — préparent le disciple aux pratiques avancées, dans un cadre transmis par le maître.

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LES RITES

Le Nyingma déploie de nombreux rituels : offrandes de fumée (sang), rituels de protection et d’exorcisme, danses masquées (cham), grandes cérémonies des monastères. Les rituels du tsok (assemblée d’offrandes) et les fêtes de Guru Rinpoché rassemblent les communautés, tandis que les rites funéraires et le Bardo occupent une place majeure. Les monastères de l’est tibétain et de l’Himalaya conservent ces traditions rituelles et leurs lignées propres. DÉVOTION, RETRAITES ET PÈLERINAGES La dévotion à Guru Rinpoché est centrale : on l’invoque pour la protection, la guérison et la bénédiction. Sa fête, à la pleine lune, est l’une des plus grandes du monde tibétain. Les retraites — de quelques mois à trois ans — et les pèlerinages aux lieux sacrés (Samye, les ermitages de montagne, les grottes de Padmasambhava) composent la pratique intensive.

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REPÈRES CHRONOLOGIQUES

VIIIe s. — Padmasambhava et les transmissions initiales. XIVe s. — Longchenpa et la synthèse du Dzogchen. XVIIe s. — Mindrolling et les grands monastères. XIXe s. — mouvement Rimé. XXe–XXIe s. — diaspora et diffusion mondiale.

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NYINGMA

LES GRANDS TEXTES · LE GRAND VOYAGE

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LES GRANDS TEXTES

Le Nyingma s’appuie sur les tantras anciens et sur le vaste corpus des terma. Parmi les textes majeurs figurent le Guhyagarbha Tantra, les œuvres de Longchenpa sur le Dzogchen, le Bardo Thödol (Livre des morts tibétain) et les cycles révélés des grands tertön. Le Kunjed Gyalpo et les traités de Longchenpa en exposent la doctrine ; les instructions orales (menngagde) en transmettent l’essence, au- delà des mots.

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TEXTES MAJEURS

Guhyagarbha Tantra — Tantra ancien. Kunjed Gyalpo — Tantra central. Longchenpa — Œuvres du Dzogchen. Bardo Thödol — Livre des morts. Cycles des tertön — Révélations.

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NOTIONS CLÉS

Dzogchen — Grande Perfection. Rigpa — Présence éveillée. Terma — Trésor caché. Ngöndro — Préliminaires. Menngagde — Instruction secrète.

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LE GRAND VOYAGE

Les enseignements nyingma viennent de l’Inde des siddhas et des tantras, transmis au Tibet au VIIIe siècle puis enrichis par les révélations successives des tertön. Ils gagnent ensuite l’Himalaya, le Bhoutan et, au XXe siècle, l’Occident, où les centres et les maîtres se multiplient.

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FIGURES ET TRANSMISSIONS

VIIIe s. Padmasambhava, Ś ā ntarak ṣ ita et Yeshe Tsogyal. Grands maîtres. Longchenpa, Jigme Lingpa, Patrul Rinpoché, Mipham. Contemporains. Dudjom Rinpoché, Dilgo Khyentse Rinpoché, et les maîtres de la diaspora.

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LANGUES ET ÉCRITURES

Le Nyingma transmet en tibétain classique, dans l’écriture tibétaine, avec des mantras sanskrits en siddha ṃ . Certains terma sont « découverts » sous forme de symboles (écriture dakini) que le tertön traduit en tibétain. Cette culture textuelle, orale et rituelle fait du Nyingma une tradition particulièrement vivante et diversifiée.

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NYINGMA

RELATIONS · VOCABULAIRE · À RETENIR

RELATIONS AVEC LES AUTRES TRADITIONS

Avec les autres écoles tibétaines. Nyingma, Kagyu, Sakya et Gelug partagent le Vajrayāna mais diffèrent par les lignées et les tantras ; le mouvement Rimé a favorisé leur dialogue. Avec le Bön. Le Nyingma entretient des échanges anciens avec la religion Bön, notamment dans les rituels et les représentations. Avec le Dzogchen et le Mah ā mudrā . Les deux voies, souvent rapprochées, sont cultivées ensemble par certains maîtres.

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VOCABULAIRE À CONNAÎTRE

Nyingma — École ancienne. Dzogchen — Grande Perfection. Rigpa — Présence éveillée. Kama — Parole transmise. Terma — Trésor. Tertön — Découvreur de trésor. Ngöndro — Préliminaires. Padmasambhava — Guru Rinpoché.

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À RETENIR

Le Nyingma est la plus ancienne école tibétaine, issue des transmissions du VIIIe siècle et de Padmasambhava. Autour des tantras anciens, des trésors et du Dzogchen, il forme une constellation de lignées vivantes.

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MOTS ASSOCIÉS

Padmasambhava · Guru Rinpoché · Dzogchen · rigpa · terma · tertön · kama · Longchenpa · Jigme Lingpa · Patrul Rinpoché · Mipham · Rimé · Samye · Tibet · Vajrayāna · Bön · Mah ā mudrā

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RENVOIS DANS LE DICTIONNAIRE

Voir aussi : VAJRAY Ā NA · DZOGCHEN · TERMA · TERTÖN · PADMASAMBHAVA · RIMÉ · BON · TIBET · LIGNÉE TIBÉTAINE · KAGYU · SAKYA · GELUG · MAH Ā MUDR Ā . Aliénor & Alain Delaporte-Digard