Anattā — Nattattā
Anattā amhe acchariyañca suṭṭhu vimutti-patthaṃ nimanteti: yaṃ mayaṃ "attā" ti vadāma, taṃ na nāsanaṭṭhāya, api ca kathaṃ taṃ saṅkhatam hoti, kathaṃ ca parivattati ti daṭṭhuṃ.
Introduction & Étymologie
Anattā est un terme pāli correspondant au sanskrit Anātman. Il est formé du préfixe négatif an- et de attā, « soi », correspondant au sanskrit ātman. On le traduit généralement par « non-soi », « absence de soi » ou parfois « sans-soi ». Cette traduction demande cependant beaucoup de prudence. L'enseignement d'Anattā ne consiste pas simplement à déclarer : « je n'existe pas ». Il invite à examiner ce que nous prenons pour un soi permanent, indépendant et maîtrisable. Dans les premiers enseignements bouddhiques, le corps, les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Les cinq agrégats sont examinés afin de voir s'ils peuvent véritablement être considérés comme « ceci est mien, je suis ceci, ceci est mon soi ». Ils changent, dépendent de conditions et échappent en partie à notre maîtrise. Anattā est ainsi l'une des Trois Caractéristiques de l'existence, avec Anicca et Dukkha. Sa fonction n'est pas de produire une nouvelle théorie métaphysique du « moi », mais de desserrer l'attachement et l'identification qui entretiennent la souffrance.
Dans La Vie Quotidienne
Nous transformons facilement un état passager en identité : « je suis colérique », « je suis anxieux », « je suis incapable », « je suis comme cela ». Anattā propose un déplacement. Au lieu de « je suis en colère », nous pouvons observer : « une colère est présente en moi en ce moment ». Au lieu de « je suis inquiet », reconnaître : « je sens de l'inquiétude apparaître ». Cette reformulation ne nie ni l'émotion ni notre responsabilité. Elle évite simplement de confondre ce que nous vivons avec tout ce que nous sommes. Une expérience peut être intense sans devenir une définition définitive de notre personne.
Anattā Et Le Vivant
Un être vivant n'est pas une chose isolée. Notre corps dépend de l'air, de l'eau, de la nourriture, des micro-organismes, du climat et d'innombrables relations. Notre langage vient des autres, une grande partie de nos connaissances a été transmise, notre identité sociale se construit dans des liens. Cette interdépendance biologique et relationnelle n'est pas une démonstration scientifique d'Anattā. Elle peut cependant nous aider à sentir combien l'image d'un « moi » entièrement autonome et autosuffisant décrit mal notre expérience réelle.
Images Et Symboles Associés
Anattā ne possède pas un symbole unique et universel. Les cinq agrégats constituent son cadre d'analyse classique. Le fleuve, la flamme ou le nuage peuvent servir d'images pédagogiques du processus et du changement, mais ils ne doivent pas être présentés comme des emblèmes canoniques spécifiques du non-soi.
Citation
« Tous les phénomènes sont non-soi. »
- Dhammapada, verset 279, traduction française du sens de « Sabbe dhammā anattā ».
Buddhachannel Pratique — Dans Le Monde D'aujourd'hui
Anattā est peut-être l'un des enseignements du bouddhisme qui demande le plus de délicatesse, parce qu'il touche à ce que nous croyons connaître de plus intimement : nous-mêmes. Dire « je » nous paraît aller de soi ; nous disons mon corps, mon caractère, mes souvenirs, mes opinions, mes réussites, mes blessures, et peu à peu toutes ces expériences composent l'histoire que nous racontons de nous-mêmes, une histoire nécessaire pour vivre parmi les autres et reconnaître la continuité de notre existence, mais dont nous finissons parfois par oublier qu'elle est elle aussi vivante, mouvante, faite de circonstances, de rencontres, d'apprentissages et de transformations.
Anattā ne nous demande pas de nier notre existence, de perdre notre personnalité ou de considérer que nous ne sommes personne ; l'enseignement est plus subtil. Il nous invite à regarder ce que nous appelons « moi » et à découvrir qu'il est difficile d'y trouver quelque chose d'indépendant, d'immuable et entièrement maître de lui-même. Notre corps change, nos pensées apparaissent sans que nous les ayons toujours choisies, nos émotions se transforment, nos convictions évoluent, nos souvenirs eux-mêmes se recomposent, et celui que nous étions à vingt ans demeure lié à celui que nous sommes aujourd'hui sans pourtant lui être identique.
Cette observation peut devenir profondément libératrice lorsque nous cessons de transformer certaines expériences en identités définitives. Nous disons parfois : je suis anxieux, je suis colérique, je suis timide, je suis incapable, je suis comme cela, et ces quelques mots peuvent devenir les murs d'une maison intérieure dans laquelle nous finissons par nous enfermer. Il existe pourtant une différence immense entre dire « je suis en colère » et reconnaître « la colère est présente en moi maintenant », entre penser « je suis un échec » et constater qu'une chose entreprise n'a pas réussi, entre croire « je suis ainsi » et découvrir que certaines manières d'être se sont construites au fil du temps et peuvent encore évoluer.
Il ne s'agit pas de remplacer une identité négative par une identité artificiellement positive, ni de nous convaincre que nous pouvons devenir n'importe qui par la seule volonté ; nous avons une histoire, des responsabilités, des liens, des dispositions et des limites réelles. Anattā nous propose quelque chose de plus paisible : ne pas nous réduire à une seule chose, ne pas confondre un état passager avec la totalité de notre être, et laisser ouverte la possibilité que ce que nous appelons « moi » soit davantage un processus vivant qu'une statue achevée.
Conclusion
Anattā ne nous demande pas de croire que nous n'existons pas. Il nous demande de regarder comment nous existons. Le corps change. Les pensées changent. Les émotions changent. Les perceptions changent. Nos relations et nos souvenirs transforment continuellement l'histoire que nous appelons « moi ». Le bouddhisme ne nie pas la personne conventionnelle qui parle, choisit, aime et répond de ses actes. Il remet en question notre tendance à chercher derrière cette expérience une entité permanente, indépendante et totalement maîtrisable. Les sciences contemporaines peuvent nous aider à observer la complexité de l'expérience corporelle et psychologique de soi, elles ne remplacent pas l'analyse bouddhique. Anattā ouvre finalement une liberté étonnante : si nous ne sommes pas condamnés à rester exactement l'identité que nous avons construite, nous pouvons apprendre, nous transformer, pardonner et recommencer.
Observer.
Ne pas s'agripper. Laisser changer. Rester responsable.
Et ne plus avoir besoin de rester exactement celui que nous pensions être.
Poursuivez avec les racines étymologiques, le tableau des 21 langues et l'analyse selon les trois grands véhicules (Theravāda, Mahāyāna, Vajrayāna).
Termes
Sanskrit : Anātman (अनात्मन्)
Pāli : Anattā
Anātman signifie « non-soi » ou « sans soi » dans le vocabulaire bouddhique sanskrit. Il remet en question l'idée d'un principe personnel permanent, indépendant et immuable pouvant être identifié aux phénomènes conditionnés.
Anattā est la forme pāli. Dans les enseignements anciens, elle est étroitement liée à l'analyse des cinq agrégats et à l'observation de l'impermanence et de Dukkha.
Introduction & Étymologie
Anattā est un terme pāli correspondant au sanskrit Anātman. Il est formé du préfixe négatif an- et de attā, « soi », correspondant au sanskrit ātman. On le traduit généralement par « non-soi », « absence de soi » ou parfois « sans-soi ». Cette traduction demande cependant beaucoup de prudence. L'enseignement d'Anattā ne consiste pas simplement à déclarer : « je n'existe pas ». Il invite à examiner ce que nous prenons pour un soi permanent, indépendant et maîtrisable. Dans les premiers enseignements bouddhiques, le corps, les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Les cinq agrégats sont examinés afin de voir s'ils peuvent véritablement être considérés comme « ceci est mien, je suis ceci, ceci est mon soi ». Ils changent, dépendent de conditions et échappent en partie à notre maîtrise. Anattā est ainsi l'une des Trois Caractéristiques de l'existence, avec Anicca et Dukkha. Sa fonction n'est pas de produire une nouvelle théorie métaphysique du « moi », mais de desserrer l'attachement et l'identification qui entretiennent la souffrance.
Dimensions Philosophiques Et Fondement
Anattā est l'un des enseignements les plus subtils du bouddhisme parce qu'il touche directement à notre sentiment d'identité. Nous utilisons naturellement les mots « je », « moi » et « mien » ; le bouddhisme ne demande pas nécessairement d'abolir ce langage conventionnel. Il interroge plutôt ce que nous imaginons derrière ces mots. Le corps est-il un soi permanent alors qu'il vieillit et change ? Une émotion est-elle « moi » alors qu'elle apparaît puis disparaît ? Une pensée, un souvenir, une perception ou un état de conscience peuvent-ils constituer une essence immuable ? L'analyse des cinq agrégats montre une expérience composée, conditionnée et dynamique. Anattā est donc intimement relié à Anicca : ce qui change ne peut fournir l'identité fixe que nous cherchons parfois. Il est également relié à Dukkha : s'agripper à ce qui est changeant comme à « moi » ou « mien » crée de la vulnérabilité. Comprendre le non-soi ne signifie pas devenir impersonnel ou irresponsable. Au contraire, la causalité, l'éthique et les conséquences des actes demeurent. La question devient : pouvons-nous vivre pleinement sans transformer continuellement l'expérience en propriété d'un moi supposé immuable ?
Traduction En 21 Langues
LANGUES FONDATRICES DU BOUDDHISME
Sanskrit : अनात्मन् - Anātman
Pāli : Anattā
Cinghalais : අනත්තත - Anatta
Chinois : 無我 - Wúwǒ
Tibétain : བདག་མེད་ - Bdag med / Dakmé
Japonais : 無我 - Muga
Coréen : 무아 - Mua
Vietnamien : Vô ngã
Thaï : อนัตตา - Anattā
Mongol : би үгүй - Bi ügüi
Indonésien : Anattā • Tanpa-diri
LANGUES INTERNATIONALES DE DIFFUSION
Anglais : Non-self • Not-self
Français : Non-soi • Absence de soi permanent
Espagnol : No-yo
Portugais : Não-eu
Allemand : Nicht-Selbst
Italien : Non-sé
Russe : Не-я
LANGUES DU DIALOGUE ENTRE LES CULTURES
Arabe : الثابتة الذات غياب • الالذات
Hébreu : קבוע עצמי העדר
Hindi : अनात्मन् - Anātman
Anattā Selon Les Grandes Traditions
THERAVĀDA
NE PAS PRENDRE LES AGRÉGATS POUR « MOI » OU « MIEN »
Dans le Theravāda, Anattā est l'une des Trois Caractéristiques et occupe une place centrale dans la vision pénétrante. L'enseignement ne commence pas nécessairement par une affirmation abstraite sur l'existence ou la non-existence du soi. Il invite à examiner l'expérience. Le corps est impermanent et ne se conforme pas entièrement à nos désirs. Les sensations apparaissent et disparaissent. Les perceptions changent. Les formations mentales se modifient. La conscience elle-même dépend de conditions. Ces cinq agrégats ne peuvent donc être possédés comme un soi permanent et souverain. Dans l'Anattalakkhaṇa Sutta, le Buddha applique cette investigation à chacun des agrégats et conduit les disciples à les considérer avec sagesse comme « ceci n'est pas mien, ceci je ne suis pas, ceci n'est pas mon soi ». Cette contemplation ne vise pas la haine de soi. Elle cherche à diminuer l'appropriation. Lorsque sensations, pensées et émotions ne sont plus continuellement saisies comme « moi » et « mien », l'avidité et l'aversion peuvent perdre une partie de leur pouvoir. Anattā est ainsi inséparable d'Anicca et de Dukkha. Le pratiquant ne remplace pas un soi permanent par une autre substance cachée ; il apprend à voir l'expérience conditionnée sans s'y agripper. Cette compréhension participe au chemin de libération et à la réalisation du Nibbāna.
MAHĀYĀNA
DU NON-SOI À LA VACUITÉ DES PHÉNOMÈNES
Le Mahāyāna reçoit l'enseignement ancien du non-soi et en approfondit les implications à travers la doctrine de la vacuité. Il ne s'agit plus seulement d'examiner l'absence d'un soi personnel permanent ; l'analyse porte également sur l'absence de nature intrinsèque des phénomènes eux-mêmes. Les choses existent en dépendance de causes, de conditions, de parties, de relations et de désignations. Nāgārjuna montrera avec force le lien entre production dépendante et vacuité. Cette approche ne signifie pas que les personnes ou le monde n'existent pas. Elle distingue l'existence conventionnelle de l'existence intrinsèque que nous projetons sur les choses. L'identité personnelle demeure fonctionnelle : nous pouvons promettre, apprendre, souffrir, aimer et répondre de nos actes. Mais le « moi » n'a pas besoin d'être pensé comme une essence séparée et immuable. Pour le Bodhisattva, cette compréhension peut nourrir la compassion. Lorsque la frontière entre « moi » et « les autres » n'est plus imaginée comme absolument solide, la souffrance d'autrui peut être rencontrée avec davantage d'ouverture. Certaines écoles du Mahāyāna utilisent aussi le langage de la nature de Buddha ; celui-ci ne doit pas être automatiquement transformé en doctrine d'un soi éternel. Les interprétations varient selon les textes et les traditions.
VAJRAYĀNA
DESSERRER L'IDENTITÉ ET TRANSFORMER LA PERCEPTION
Le Vajrayāna hérite du Mahāyāna la compréhension du non-soi, de la vacuité et de l'interdépendance. Ses méthodes tantriques travaillent parfois directement avec la manière dont l'identité ordinaire est construite. Dans certaines pratiques de déité, par exemple, le pratiquant ne cherche pas à renforcer son personnage habituel : dans un cadre initiatique précis, la perception de soi et du monde est transformée afin de desserrer les habitudes de fixation. Corps, parole et esprit deviennent des dimensions du chemin. Les enseignements du Mahāmudrā et du Dzogchen, selon leurs méthodes propres, invitent également à examiner directement l'esprit : lorsqu'une pensée disant « moi » apparaît, quelle est sa nature ? Où demeure-t-elle ? Que devient-elle lorsqu'elle disparaît ? Ces pratiques ne consistent pas à fabriquer une personnalité vague ou à nier l'existence quotidienne. Elles cherchent à reconnaître la nature non fixe des constructions mentales et perceptives. Le Vajrayāna insiste en même temps sur la motivation, Bodhicitta, l'éthique, la transmission et le discernement. La compréhension du non-soi ne justifie jamais l'abandon de la responsabilité personnelle. Au contraire, moins l'identité est défendue comme une forteresse, plus l'énergie peut être disponible pour la sagesse et la compassion.
L'expérience Du Jour — « Je Suis » Ou « Il Y A » ?
Aujourd'hui, écoutez discrètement la manière dont vous parlez de vous-même. Chaque fois qu'apparaît intérieurement une phrase commençant par « je suis… », remarquez-la sans chercher à la corriger : je suis fatigué, je suis impatient, je suis inquiet, je suis mauvais dans ceci, je suis trop vieux pour cela, je suis quelqu'un qui ne sait pas faire. Puis, lorsque cela vous semble juste, essayez de déplacer très légèrement la phrase : « il y a de la fatigue aujourd'hui », « je ressens de l'inquiétude », « je ne sais pas encore faire cela », « mon corps ne peut plus le faire de la même manière qu'autrefois ».
Les mots semblent proches, mais l'espace qu'ils ouvrent peut être considérable. La fatigue demeure, la difficulté n'est pas niée, l'âge ne disparaît pas et l'émotion continue peut-être à nous traverser, mais quelque chose cesse de nous définir entièrement. Nous pouvons regarder l'expérience sans immédiatement devenir l'expérience.
Essayez également ce regard avec une qualité que vous aimez en vous. Ne vous attachez pas davantage à l'image de celui qui serait toujours généreux, courageux, sage ou bienveillant, car nous pouvons aussi devenir prisonniers de nos belles identités et souffrir lorsque la vie nous révèle que nous sommes plus complexes que l'image que nous avions construite.
Puis reprenez votre journée sans surveiller chaque « je ». Anattā n'est pas un exercice de langage et encore moins l'interdiction de parler de soi. Laissez simplement demeurer cette possibilité : je possède une histoire, mais mon histoire ne m'enferme pas ; je traverse des états, mais aucun état ne dit à lui seul tout ce que je suis. Peut-être une forme de liberté commence-t-elle lorsque nous cessons de devoir défendre à chaque instant la personne que nous pensions être.
Mots-Clés
Anattā • Anātman • Non-soi • Absence de soi • Anicca • Dukkha • Trois Caractéristiques • Cinq Agrégats • Vacuité • Interdépendance • Identité • Proprioception • Interoception • Expérience de soi
Padāni
Sanskrit : Anātman (अनात्मन्)
Pāli : Anattā
Anātman ti sanskrita-buddha-vohāre "nattattā" vā "attarahitaṃ" vā attho. So purisa-paccatta-nicca-visesa-anicca-asādhāraṇa-dhuva-sabhāvassa cintanāya saṅkhata-dhammehi paricchetuṃ sakkā ti ñāṇaṃ paṭisedheti.
Anattā ti pāḷi-rūpaṃ. Porāṇa-desanāsu, pañca-khandhānaṃ vibhāgena, aniccassa ca dukkhassa ca avekkhaṇena ca suṭṭhu sampayuttaṃ.
Pavesanā ca Padavibhāgo ca
Anattā ti Anātman-sanskritapada-samattha-pāḷipadaṃ. Taṃ an- iti nisedha-pubba-padehi ca attā ("attā" ti attā) sanskrita-ātman-samattha-padehi ca saṅkhatam. Taṃ sāmāññena "nattattā", "attābhāvo" vā kadāci "attarahitaṃ" vā ti parivattīyati. Ayaṃ pana parivattanaṃ bahu-sakkāraṃ yācati. Anattā-desanā na kevalaṃ "ahaṃ n'atthi" ti byākarituṃ hotī. Taṃ yaṃ mayaṃ nicca-visesa-vaḷabha-attā ti gaṇhāma, taṃ vīmaṃsanaṭṭhāya nimanteti. Paṭhama-buddha-desanāsu, kāyo, vedanā, saññā, saṅkhārā ca viññāṇaṃ ca. Pañca-khandhā vīmaṃsīyanti, yadi hi te "etaṃ mama, eso 'ham asmi, eso me attā" ti saccaṭṭhena gahetuṃ sakkā ti daṭṭhuṃ. Te parivattanti, paccayehi paṭibaddhā honti, amhākaṃ vasaṃ na gacchanti. Anattā evaṃ aniccena ca dukkhena ca saddhiṃ, ti-lakkhana-aññataraṃ hoti. Tassa kiccaṃ na navaṃ "attā" ti adhidhammika-vādaṃ uppādetuṃ, api ca dukkhaṃ posentaṃ saṅgañca abhinivesañca muñcetuṃ.
Dassanika-āyāma ca Mūlañca
Anattā ti buddhassa atisukhuma-desanānaṃ aññataraṃ, yato taṃ amhākaṃ attabhāva-saññāya sammukhā phusati. Mayaṃ "ahaṃ", "mama" ti ca sahajātato vacanaṃ payojema; buddho na vaṭṭati etaṃ sammuti-vohāraṃ pahātuṃ. Kiñca, amhākaṃ vacanānaṃ pacchato kiṃ sankappema ti vīmaṃsati. Kāyo jarāyati parivattati ca, so nicca-attā nu kho? Vedanā uppajjati nirujjhati ca, esā "ahaṃ" nu kho? Cittaṃ, sati, saññā vā viññāṇa-ṭṭhiti vā nicca-sāraṃ paṭṭhapetuṃ sakkā nu kho? Pañca-khandhānaṃ vibhāgo saṅkhata-paccaya-javita-anubhavaṃ dasseti. Anattā evaṃ aniccena suṭṭhu sampayuttaṃ: yaṃ parivattati, taṃ na sakkā nicca-attabhāvaṃ dātuṃ, yaṃ kadāci esema. Taṃ dukkhena pi sampayuttaṃ: s'agripper à ce qui est changeant comme à « moi » ou « mien » crée de la vulnérabilité. Comprendre le non-soi ne signifie pas devenir impersonnel ou irresponsable. Paṭiviruddhaṃ, hetu-phalaṃ, sīlañca, kammassa vipāka ca tiṭṭhanti. Pañho evaṃ hoti: mayaṃ pūretvā jīvituṃ sakkā nu kho, anubhavaṃ niccaṃ dhuva-attā ti adhimutta-saka-sāmitta-bhūtaṃ aparivattetvā?
Ekavīsati-bhāsāsu Anuvādo
Buddhassa Mūla-bhāsāyo
Sanskrit : अनात्मन् - Anātman
Pāli : Anattā
Cinghalais : අනත්තත - Anatta
Chinois : 無我 - Wúwǒ
Tibétain : བདག་མེད་ - Bdag med / Dakmé
Japonais : 無我 - Muga
Coréen : 무아 - Mua
Vietnamien : Vô ngã
Thaï : อนัตตา - Anattā
Mongol : би үгүй - Bi ügüi
Indonésien : Anattā • Tanpa-diri
Vissuta-pasāraṇa-bhāsāyo
Anglais : Non-self • Not-self
Français : Non-soi • Absence de soi permanent
Espagnol : No-yo
Portugais : Não-eu
Allemand : Nicht-Selbst
Italien : Non-sé
Russe : Не-я
Sanskatiyo antare sallāpa-bhāsāyo
Arabe : الثابتة الذات غياب • الالذات
Hébreu : קבוע עצמי העדר
Hindi : अनात्मन् - Anātman
Dīghāyuka-jīvite
Mayaṃ lahukena āgantuka-ṭṭhitiṃ attabhāvaṃ parivattema: "ahaṃ kodha-sabhāvo", "ahaṃ cintā-sabhāvo", "ahaṃ asamattho", "ahaṃ evarūpo". Anattā paccekaṃ añña-ṭṭhānaṃ upaneti. "Ahaṃ kodho" ti vadanassa ṭhāne, mayaṃ oloketuṃ sakkā: "etarahi mayi kodho upaṭṭhito". "Ahaṃ cintito" ti vadanassa ṭhāne, pajānituṃ: "mayi cintā uppajjati". Ayaṃ puna-vacanaṃ na vedanaṃ vā amhākaṃ uttara-kattāraṃ vā paṭisedheti. Kevalaṃ yaṃ mayaṃ anubhavāma, taṃ amhākaṃ sabbena saṅkāḷetuṃ virameti. Eko anubhavo tippa-sabhāvo bhavituṃ sakkā, amhākaṃ purisassa nicca-vacanaṃ abhavitvā.
Anattā ca Jīvitā ca
Eko jīvito satto na eko padesa-vatthu hoti. Amhākaṃ kāyo vātato, udakato, āhārato, sukhuma-pāṇīhi, utu-kālato ca asaṅkheyyāhi sampayuttehi paṭibaddho. Amhākaṃ bhāsā aññehi āgatā, amhākaṃ ñāṇassa bahubhāgo pāraṃ patito, amhākaṃ sāmājika-attabhāvo bandhanehi saṅkhatam. Ayaṃ jīvika-sāmājika-paccuppannatā na Anattāya vijjā-sādhanaṃ hoti. Sā pana amhe upakāretuṃ sakkā, kiṃyāva "attā" ti sabbaso sayambhū-sappabha-patibimbaṃ amhākaṃ sacca-anubhavaṃ dussīleti.
Paṭibimbā ca Sambaddhā Cihāṇā ca
Anattā na ekakaṃ ca vissuta-cihānaṃ patilābhati. Pañca-khandhā tassa porāṇa-vibhāga-paṭipadāṃ paṭṭhapenti. Nadī, aggi-sikhā vā valāhako vā, pakatiyā ca parivattanassa sikkhāpaka-paṭibimbāni bhavituṃ sakkā, api ca te na sakkā nattattassa visesa-sāsanika-cihāṇāni viya dassetuṃ.
Uddharaṇaṃ
« Sabbe dhammā anattā »
— Dhammapada, gāthā 279, "Sabbe dhammā anattā" ti atthassa pharaṇsa-bhāsāya anuvādo.
Mahā-paramparāhi Anattā
THERAVĀDA
Khandhe "ahaṃ" vā "mama" vā ti na gaṇhātu
Theravāde, Anattā ti ti-lakkhana-aññataraṃ, yaṃ vipassanāya majjhe ṭhitaṃ. Desanā na avassaṃ attassa atthitāya vā n'atthitāya vā amūlika-vacanena ārabhati. Sā anubhavaṃ vīmaṃsanaṭṭhāya nimanteti. Kāyo anicco, amhākaṃ icchāhi ca na sabbaso sameti. Vedanā uppajjanti nirujjanti ca. Saññā parivattanti. Saṅkhārā vikīyanti. Viññāṇaṃ yeva paccayehi paṭibaddhaṃ. Imaṃ pañca-khandhā na sakkā nicca-issara-attā ti patilābhetuṃ. Anattalakkhaṇa-sutte, buddho imaṃ vīmaṃsaṃ pañcannaṃ khandhānaṃ ekekassa upaneti, sāvakā ca te paññāya evaṃ daṭṭhuṃ neti: "etaṃ na mama, eso 'ham asmi, eso me attā" ti. Ayaṃ manasikāro na attano-paṭighaṃ udīreti. So abhinivesaṃ parivaddhanāya esati. Yadā vedanā, cittāni ca, mano-pavatti ca "ahaṃ" vā "mama" vā ti na nirantaraṃ gaṇhīyanti, tadā taṇhā ca paṭigha ca attano balaṃ kiñci pahātuṃ sakkā. Anattā evaṃ aniccena ca dukkhena ca avicchinnā. Paṭipanno na nicca-attānaṃ aññena gūḷha-sabbhāvena paṭivatteti; so saṅkhata-anubhavaṃ anupaggaṇhaṃ daṭṭhuṃ sikkhati. Ayaṃ paṭivedho vimutti-maggassa ca nibbāna-sacchi-kiraṇassa ca anubhāgo hoti.
MAHĀYĀNA
Nattattato Dhammadhammānaṃ Suññatāya
Mahāyāna porāṇa-nattatta-desanaṃ paṭigaṇhāti, suññatā-vādaṃ paṭicca tassa phalāni gahaṇaṃ karoti. Taṃ na kevalaṃ purisa-nicca-attābhāvaṃ vīmaṃsanaṃ; vibhāgo pana dhammānaṃ yeva sāsaṅkhata-sabhāva-abhāvaṃ pi āyati. Vatthūni hetūsu, paccayesu, aṅgesu, sambandhesu ca paññattīsu ca paṭibaddhāni tiṭṭhanti. Nāgārjuna paṭicca-samuppādaṃ ca suññataṃ ca suṭṭhu daḷhena vibhāvessati. Ayaṃ paṭipadā na sattā vā loko vā n'atthi ti attho. Sā sammuti-sabbhāvaṃ amūlika-sabbhāvato visodheti, yaṃ mayaṃ vatthūsu āropema. Purisa-attabhāvo kriyākārova tiṭṭhati: mayaṃ paṭiññaṃ dātuṃ, sikkhatuṃ, dukkhituṃ, mettāyituṃ, kammānaṃ phalāni paṭibhajituṃ sakkā. Api ca "ahaṃ" na vaṭṭati visesa-nicca-sāraṃ ti cintetuṃ. Bodhisattassa, ayaṃ paṭivedho karuṇaṃ posetuṃ sakkā. Yadā "ahaṃ" ca "aññe" ca antare sīmā sabbaso daḷhā ti na saṅkappīyati, aññassa dukkhaṃ adhika-vivaraṇena paṭivijjituṃ sakkā. Mahāyāna-sāvakānam pi buddhata-bhāsāṃ payojenti; taṃ na avassaṃ nicca-attā-vādaṃ viya parivattetuṃ. Vaṭṭanāni potthakesu ca paramparāsu ca nānā honti.
VAJRAYĀNA
Attabhāvaṃ Visajjeti ca Saññāṃ Parivatteti ca
Vajrayāna Mahāyānato nattatta-paṭivedhaṃ, suññataṃ ca, paṭibaddhaṃ ca pāpuṇāti. Tassa tantrikā upāyā kadāci sāmāñña-attabhāvo kathaṃ saṅkhatam hoti ti sammukhā sampayujanti. Devatā-paṭipattīsu hi, paṭipanno na attano sāmāñña-carittaṃ daḷhaṃ kātuṃ esati: visesika-abhiseka-kāle, attano ca lokassa ca saññā parivattīyati, ādāna-vasesu niccaya-cittānaṃ visesanaṭṭhāya. Kāyo, vācā ca, mano ca maggassa āyāmāni bhavanti. Mahāmudrā-desanāni ca Dzogchen-desanāni ca, attano visesa-upāyehi, manasaṃ sammukhā vīmaṃsanaṭṭhāya nimantenti: yadā "ahaṃ" ti cintā uppajjati, kīdiso tassa sabhāvo? Kuhiṃ taṃ tiṭṭhati? Kiṃ taṃ hoti yadā nirujjhati? Imā paṭipattī na vyatta-purisa-bhāvaṃ vā dīghāyuka-atthitaṃ vā paṭisedhetuṃ hotī. Tā mānasika-saññā-saṅkhatānaṃ anicca-sabhāvaṃ paṭivijjituṃ esanti. Vajrayāna tāva hetu-bhāve, Bodhicitta, sīle, pāra-pattiyā ca, vicāre ca adhiṭṭhāti. Nattatta-paṭivedho na kadāci attano uttara-kattāraṃ pahātuṃ sādheti. Paṭiviruddhaṃ, yāva parisaṃ viya attabhāvo appamāṇa-rakkhato, tāva paññāya ca karuṇāya ca satti adhiṭṭhātuṃ sakkā.
Buddhachannel-paṭipadā — Etarahi Loke
Anattā ti buddhassa desanānaṃ aññataraṃ, yā bahu-sakhīla-bhāvaṃ yācati, yato sā amhākaṃ yāva antarato jānituṃ adhimuttānaṃ, attano yeva, phusati. "Ahaṃ" ti vacanaṃ amhākaṃ sahajātato viya dissati; mayaṃ mama kāyo, mama sabhāvo, mama satī, mama diṭṭhī, mama sampattī, mama ābādhā ti vadema, thoka-thokena ca ime sabbepi anubhavā amhākaṃ attato kathetā kāthaṃ saṅkhārenti, aññehi saddhiṃ jīvituṃ, amhākaṃ sabbhāvassa nirantaratāṃ pajānituṃ ca avassa-kāthaṃ, api ca yaṃ mayaṃ kadāci pāḷiñca vinassāma yaṃ taṃ pi sājīvaṃ, sañcalaṃ, paccayajehi, samāgamehi, sikkhāhi ca parivattanehi ca saṅkhatam.
Anattā na amhe amhākaṃ atthitaṃ paṭisedhetuṃ, attano purisa-bhāvaṃ vināsetuṃ vā, vā yaṃ mayaṃ ko ci n'atthi ti cintetuṃ vā yācati; desanā atisukhuma-tarā. Sā amhe yaṃ mayaṃ "ahaṃ" ti vadema, taṃ oloketuṃ, tatra ca appaṭibaddhaṃ, niccaṃ, sabbaso sayambhū-issara-bhāvaṃ vā daṭṭhuṃ dukkaram iti paṭivijjituṃ nimanteti. Amhākaṃ kāyo parivattati, amhākaṃ cittāni uppajjanti, amhehi na niccaṃ cintehi, amhākaṃ vedanā parivattanti, amhākaṃ diṭṭhī vikīyanti, amhākaṃ satī yeva puna-saṅkhatā, vīsavasso yādiso mayaṃ ahumha, so etarahi-mayaṃ yādisā, tena saddhiṃ sampayutto tiṭṭhati, na ca tena samaṃ hotī.
Ayaṃ avekkhaṇā suṭṭhu vimutti-patthā bhavituṃ sakkā, yadā mayaṃ visesa-anubhavaṃ nicca-attabhāvaṃ parivattetuṃ viramema. Mayaṃ kadāci vadema: ahaṃ cintā-sabhāvo, ahaṃ kodha-sabhāvo, ahaṃ lajjā-sabhāvo, ahaṃ asamattho, ahaṃ evarūpo ti, ime ca thoka-vacanā antaragharassa bhittiyo bhavituṃ sakkā, yatra mayaṃ pāḷiñca attānaṃ nibandhema. Mahantī pana nānā-karaṇaṃ atthi "ahaṃ kodho" ti vadanassa ca "etarahi mayi kodho atthi" ti pajānato ca antare, "ahaṃ virādho" ti cintetvā ca yaṃ kamanaṃ katam, taṃ na samijjīti paṭivijjato ca antare, "ahaṃ evarūpo" ti saddahitvā ca yaṃ kiñci sabhāvā samaya-pariyantena saṅkhatā ca ajja pi vikīyituṃ sakkā ti paṭivijjato ca antare.
Taṃ na ākāraka-attabhāvaṃ paṭiviruddha-attabhāvena paṭivattetabbaṃ, na ca kevala-cetanāya yo koci bhavituṃ sakkā ti amhe pasādetabbaṃ; amhākaṃ itihāso, uttara-kattāro, sambandhā, saṅkhārā ca sacca-sīmā ca atthi. Anattā amhe adhika-santi-bhāvaṃ upaneti: attānaṃ na ekavatthumattaṃ parihāpetuṃ, āgantuka-ṭṭhitiṃ na amhākaṃ sabba-sabbhāvena saṅkāḷetuṃ, yaṃ ca mayaṃ "ahaṃ" ti vadema, taṃ sampuṇṇa-paṭimāto adhikaṃ sājīva-pakiṇṇakaṃ ti pahāṭuṃ sakkā ti avakāsaṃ vivaritvā ṭhapetuṃ.
Dīghāyuka-anubhavaṃ — "Ahaṃ asmi" vā "Atthi" vā?
Ajja, attato kathaṃ katheti ti sukhumena suṇātu. Yaṃ kiñci vākyaṃ "ahaṃ asmi..." ti ārabhati, taṃ parivattetuṃ anesanto paṭivijjhātu: ahaṃ kilanto, ahaṃ akkhanto, ahaṃ cintito, ahaṃ imasmiṃ asobhano, ahaṃ etasmā atijīrṇo, ahaṃ yo na jānāti kātuṃ. Tato, yadā taṃ tumhākaṃ yuttaṃ viya dissati, thokaṃ thokaṃ vākyaṃ parivattetuṃ vāyamātu: "ajja kilamatho atthi", "ahaṃ cintāṃ vedemi", "ahaṃ etañca ajja pi na jānāmi kātuṃ", "mama kāyo porāṇo viya na sakkā kātuṃ".
Vacanaṃ sannikaṭṭhaṃ viya dissati, api ca yaṃ avakāsaṃ vivaranti, taṃ bahulaṃ bhavituṃ sakkā. Kilamatho tiṭṭhati, dukkara-bhāvo na paṭisedhīyati, vayo na antarahīyati, vedanā ca amhe uparī ti bahiddhā gacchamānā, api ca kiñci amhe sabbaso vacanaṃ kātuṃ virameti. Mayaṃ anubhavaṃ oloketuṃ sakkā, na ca turitaṃ anubhavo abhavitvā.
Imaṃ avekkhaṇaṃ tumhesu yaṃ guṇaṃ rocenti, tena pi vāyamātu. Yo sadā dāno, vīriyo, paññavā vā mettāvī vā assa, tassa paṭibimbe adhikaṃ na gaṇhātu, yato mayaṃ attano su-attabhāvānaṃ bandhanaṃ pi bhavituṃ sakkā, dukkhañca anubhavituṃ sakkā, yadā jīvitaṃ amhe mayhaṃ saṅkhata-paṭibimbato adhikaṃ gahaṇaṃ karomi ti byākaroti.
Tato, attano divasaṃ punar ārabhetvā, ekekaṃ "ahaṃ" ti na anuggaṇhātu. Anattā na bhāsā-abhayāso, na ca attato kathetuṃ nisedho. Kevalaṃ imaṃ avakāsaṃ tiṭṭhāpetuṃ: mama itihāso atthi, api ca mama itihāso maṃ na nibandheti; ahaṃ ṭhitīhi uparī ti gacchāmi, api ca ko ci ṭhiti na ekā mama sabba-sabbhāvaṃ katheti. Siyā vimuttiyā eko ākāro ārabhati, yadā mayaṃ yo puriso ahumha ti saṅkappīyati, taṃ rakkhituṃ niccaṃ na vaṭṭati.
Mūla-padāni
Anattā • Anātman • Nattattā • Attābhāvo • Anicca • Dukkha • Ti-lakkhaṇa • Pañca-khandhā • Suññatā • Paṭibaddhatā • Attabhāvo • Attano-kāya-paṭivedho • Attano-ajjhatta-paṭivedho • Attano Anubhavo
Nigamanā
Anattā na amhe mayhaṃ n'atthi ti saddhātuṃ yācati. Taṃ amhe kathaṃ mayaṃ atthi ti oloketuṃ yācati. Kāyo parivattati. Cittāni parivattanti. Vedanā parivattanti. Saññā parivattanti. Amhākaṃ sambandhā ca satī ca yaṃ mayaṃ "ahaṃ" ti vadema, taṃ kāthaṃ nirantaraṃ parivattenti. Buddho na sammuti-purisaṃ paṭisedheti yo katheti, cināti, mettāyati, kammānaṃ phalāni paṭibhajeti. So imaṃ anubhavassa pacchato niccaṃ, appaṭibaddhaṃ, sabbaso vaḷabha-sabhāvaṃ esituṃ amhākaṃ paṇaṃ paṭisedheti. Etarahi-vijjayā amhe attano kāyika-cetasika-anubhavassa gahaṇaṃ oloketuṃ upakāretuṃ sakkā, tā pana buddha-vibhāgaṃ na paṭivattenti. Anattā pāḷiñca acchariya-vimuttiṃ vivarati: yadi mayaṃ yaṃ attabhāvaṃ mayaṃ saṅkhatam, taṃ evaṃ tiṭṭhātuṃ na niyamitā, mayaṃ sikkhatuṃ, parivattetuṃ, khamituṃ, puna ca ārabhetuṃ sakkā.
Oloketuṃ.
Na upaggaṇhaṃ. Parivattetuṃ pahāya. Uttara-kattāro tiṭṭhantu.
Puna ca yo mayaṃ ahumha ti saṅkappīyati, taṃ evaṃ tiṭṭhātuṃ na vaṭṭati.
Fiche d'archive révisée — Anattā — Nattattā
Consultez ci-dessous la version canonique d'Alain Delaporte-Digard avec le tableau des 21 langues et les sources textuelles.