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BODH GAYA · INDE · IVᵉ–Vᵉ SIÈCLE — LA VEILLE DE L'ÉVEIL

Bouddha de Bodh Gaya

Image vénérée de Bodh Gaya, le lieu où Śākyamuni atteignit l'Éveil sous l'arbre de la Bodhi ; attribuée à l'époque gupta (IVᵉ-Vᵉ siècle) et restaurée, peinte, dorée siècle après siècle, c'est sans doute la plus ancienne image du bouddhisme encore en culte continu.

Bouddha de Bodh Gaya
Œuvre Bouddha de Bodh Gaya
Origine & Période BODH GAYA · INDE · IVᵉ–Vᵉ SIÈCLE — LA VEILLE DE L'ÉVEIL
Format d'Étude Fiche patrimoniale (4 pages)
Auteurs Aliénor & Alain Delaporte-Digard

Étude & Contemplation de l'Œuvre

Texte intégral extrait de la fiche d'archive d'Alain & Aliénor Delaporte-Digard :

N° 04 BOUDDHA DE BODH GAYA BODH GAYA · INDE · IVᵉ–Vᵉ SIÈCLE — LA VEILLE DE L'ÉVEIL Couverture : Bouddha doré en geste de la terre-témoin, Wat Thai de Bodh Gaya (Bihar, Inde) — photo : Photo Dharma (Penang, Malaisie), licence CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Bouddha de Bodh Gaya [bod ga-ya] · bodhi · gayā NOM MASCULIN · SANSKRIT · ART GUPTA · N° 04 DE LA COLLECTION Autres noms : Bouddha de l'Éveil · image du Mahābodhi · Bodhi Gaya Buddha · le Bouddha de l'arbre de la Bodhi n. m. — Image vénérée de Bodh Gaya, le lieu où Śākyamuni atteignit l'Éveil sous l'arbre de la Bodhi ; attribuée à l'époque gupta (IVᵉ-Vᵉ siècle) et restaurée, peinte, dorée siècle après siècle, c'est sans doute la plus ancienne image du bouddhisme encore en culte continu. F I C H E T E C H N I Q U E N° DANS LA COLLECTION PAYS Inde — Bihar LIEU D'ORIGINE Bodh Gaya, district de Gaya (24,6951° N · 84,9911° E) LIEU DE CONSERVATION Sanctuaire du temple Mahābodhi (image d'autel) ; couverture : Wat Thai de Bodh Gaya STATUT DU LIEU Patrimoine mondial de l'UNESCO (inscription de juin 2002) ÉPOQUE Temple actuel : VIᵉ siècle ou antérieur ; image d'autel attribuée à l'époque gupta (IVᵉ-Vᵉ siècle) MATIÈRE Brique pour le temple ; pierre peinte et dorée pour l'image d'autel DIMENSIONS Shikhara principal de plus de 55 mètres (180 pieds) POSTURE Assis en padmāsana, les jambes croisées MUDRĀ Bhumisparsha — la main droite appelle la terre à témoigner PERSONNAGE Śākyamuni, le Bouddha historique ÉCOLE / STYLE Art gupta de Bodh Gaya ; tour effilée à redans, modèle de pagode SIGNES DISTINCTIFS Arbre de la Bodhi et vajrasana, le trône de diamant, dans l'enceinte même du temple ÉTAT Temple restauré au XIXᵉ et XXᵉ siècles ; image en culte continu L ' H I S T O I R E Tout part d'une nuit : le prince Siddharta, assis sous un Ficus religiosa — le pipal — à Bodh Gaya, promet de ne pas se relever avant d'avoir compris la cause de la souffrance. Il y parvient à l'aube, vers 528 av. J.-C. selon la chronologie suivie dans cette collection, et devient le Bouddha, « l'Éveillé ». Le récit ajoute qu'il reste ensuite sept semaines sur sept lieux voisins, debout face à l'arbre, marchant en ligne droite, contemplant le temple d'est en ouest : les stations de cette veille sont encore marquées dans l'enceinte, et c'est elles qui donnent au lieu son nom — Bodhi Gayā, le lieu de l'Éveil — avant qu'il ne rejoint Lumbini, Sarnath et Kushinagar parmi les quatre lieux de pèlerinage obligatoires. Vers 260 av. J.-C., Ashoka érige un sanctuaire devant le vajrasana, trône de pierre daté du IIIᵉ siècle av. J.-C., et plante un rejet de l'arbre : la mémoire du lieu devient matérielle. Le temple actuel, l'un des plus anciens édifices de briques d'Inde orientale, se lit comme une stratigraphie : un noyau peut être antérieur au VIᵉ siècle, deux tours effilées dont la plus haute dépasse 55 mètres encadrent la pyramide centrale, et ce profil — tour à redans surmontée d'un finial — irriguera l'architecture pagode de toute l'Asie. Le complexe est occupé, délaissé, puis réparé par des rois birmans au XIXᵉ siècle ; Alexander Cunningham et Joseph Beglar le dégagent et le restaurent à partir de 1880, et en 1884 une grande image rapportée du site est replacée dans le sanctuaire. Réparée, peinte, dorée, elle y est toujours vénérée : le temple entre au patrimoine mondial de l'UNESCO en juin 2002. À R E T E N I R Bodh Gaya n'est pas un musée : c'est le point exact où, dit-on, quelqu'un a compris. L'image d'autel, réparée et dorée depuis des siècles, ne montre pas l'Éveil — elle tient lieu de présence. Buddhachannel — Collection « Les 100 plus beaux Bouddhas du monde » Fiche 04 · page 2

L E S Y M B O L E Le geste raconte une nuit. Face à Māra, le démon du doute, le futur Bouddha n'invoque ni ciel ni témoin humain : il pose la main droite contre le sol et demande à la terre de témoigner de ses mérites accumulés. La déesse Vasudhâ, tressant ses longs cheveux, fait jaillir les eaux et Māra recule. C'est le mudrā bhumisparsha, « prise de contact avec la terre » — main droite descendant au-delà du genou, main gauche recueillie en bol sur les jambes. Toute l'iconographie de l'Éveil tient dans ce mouvement : ne pas monter, s'appuyer sur ce qui est. Autour du geste, le site entier devient vocabulaire. L'arbre — le fidèle offre une feuille de bodhi, une fleur, une lampe —, le vajrasana sur lequel il s'est assis, les sept stations des sept semaines, l'eau et le silence : le pèlerin vient y faire un tour complet de l'enceinte, s'asseoir face au trône vide, et renouveler la veille de l'Éveil, cette nuit où l'on s'interdit de se lever avant d'avoir vu. Bodh Gaya n'a pas de relique célèbre : c'est un lieu, une posture et une heure — ce qui suffit à en faire le point le plus fréquenté du bouddhisme mondial. L I R E L ' I M A G E La couverture ne montre pas le sanctuaire mais l'une des images du complexe, au Wat Thai de Bodh Gaya : un Bouddha doré assis en posture de méditation, la main droite descendant toucher le sol — le bhumisparsha — et la main gauche, paume vers le ciel, reposant dans les jambes. La facture est thaïlandaise : auréole à volutes flamboyantes (kranok) qui monte en pointe, flamme au sommet du chignon, longues oreilles, épaules nues et robe franchissant l'épaule gauche. L'or massif se détache sur un fond bleu nuit, un lotus blanc y est discrètement peint en haut à gauche, et le socle rouge ferme l'image par le bas : la lumière rasante fait tenir le métal comme une lampe allumée. R E P È R E S C H R O N O L O G I Q U E S ≈ 528 av. J.-C. Éveil sous l'arbre de la Bodhi ≈ 260 av. J.-C. Ashoka érige le sanctuaire et plante un rejet de l'arbre IIIᵉ s. av. J.-C. Le vajrasana, trône de pierre, reçoit sa forme actuelle VIᵉ siècle Le temple de briques et son shikhara prennent leur forme actuelle vers 637 Xuanzang décrit le monastère et le grand arbre XIXᵉ siècle Restaurations menées par des rois birmans 1880-1884 Cunningham et Beglar dégagent le temple ; l'image d'autel est replacée juin 2002 Inscription du site au patrimoine mondial de l'UNESCO P O U R Q U O I I L F I G U R E PA R M I L E S 1 0 0 C'est la seule fiche dont la note ne vienne pas de la pierre : Bodh Gaya marque le point de départ de toutes les autres. Que l'image soit encore en culte, réparée et dorée au jour le jour, lui vaut ces vingt-quatre points. Harmonie des proportions Expression du visage État de conservation Rayonnement historique Émotion ressentie Total  24 / 25 Buddhachannel — Collection « Les 100 plus beaux Bouddhas du monde » Fiche 04 · page 3

V I S I T E R ACCÈS Bodh Gaya se rejoint depuis Gaya (12 km : gare sur la ligne Delhi-Howrah, aéroport) ou Patna (110 km) ; auto-rickshaw et taxis ; grand axe de la Route du Bouddha. MEILLEURE PÉRIODE Octobre à mars ; la pleine lune de Vaiśākha (avril-mai) réunit des pèlerins de tout le monde bouddhiste, et l'aube devant l'arbre est le moment le plus juste. SUR PLACE Arbre de la Bodhi et sa clôture dorée, vajrasana, les sept stations des sept semaines, les monastères de Chine, Japon, Thaïlande, Birmanie, Tibet, Bhoutan, Vietnam, Népal et Sri Lanka, les fouilles du Mahavihara, le musée archéologique. COMBINÉ Sarnath et Varanasi à l'ouest, Kushinagar et Vaishali au nord, Rajgir et Nalanda à l'est : les quatre lieux de pèlerinage en une boucle de trois jours. PRÉCAUTIONS Chaussures et chaussettes retirées sur le parvis de l'arbre, épaules couvertes, pas de flash dans le sanctuaire ; la foule est dense dès l'aube. V O C A B U L A I R E D E L A F I C H E BHUMISPARSHA MUDRĀ Geste de la main droite touchant le sol : la terre appelée à témoigner de l'Éveil. VAJRASANA « Trône de diamant », la pierre devant l'arbre où le Bouddha s'est assis ; datée du IIIᵉ siècle av. J.-C. PIPAL Le Ficus religiosa, arbre sacré dont l'arbre actuel est un descendant. SHIKHARA Tour effilée qui couronne le sanctuaire ; son profil irriguera l'architecture pagode. VAIŚĀKHA Pleine lune de mai, traditionnellement la date de la naissance, de l'Éveil et de la mort du Bouddha. V O I R A U S S I 01 Bouddha de Sarnath · 06 Bouddha couché du Parinirvana, Kushinagar · 18 Bouddha géant de Leshan · 26 Grand Bouddha de Bodh Gaya (1989) · 70 Bouddha de la Samadhi S O U R C E S & C R É D I T Sources : UNESCO, Mahabodhi Temple Complex at Bodh Gaya (inscription de juin 2002) · Wikipédia (en), « Mahabodhi Temple » · Archaeological Survey of India, notices du site · Xuanzang, Relation des contrées occidentales (trad. É. Chavannes). Crédit de la couverture : Couverture : Bouddha doré en geste de la terre-témoin, Wat Thai de Bodh Gaya (Bihar, Inde) — photo : Photo Dharma (Penang, Malaisie), licence CC BY 2.0, via Wikimedia Commons. Statut éditorial : fiche 04 — validée pour publication — Dernière mise à jour : 28 septembre 2026 — Rubriques : 18 champs renseignés sur 18. Buddhachannel — Collection « Les 100 plus beaux Bouddhas du monde » Fiche 04 · page 4

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Fiche Originale — N° 04 Bouddha de Bodh Gaya

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