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KUCHA · CHINE (XINJIANG) · IVᵉ–VIIᵉ SIÈCLE — LA CITÉ MONASTIQUE DU DÉSERT

Bouddha de Subashi

Vestiges du grand monastère visité par Xuanzang, où prospéraient les écoles anciennes et la méditation.

Bouddha de Subashi
Œuvre Bouddha de Subashi
Origine & Période KUCHA · CHINE (XINJIANG) · IVᵉ–VIIᵉ SIÈCLE — LA CITÉ MONASTIQUE DU DÉSERT
Format d'Étude Fiche patrimoniale (4 pages)
Direction Éditoriale Aliénor & Alain Delaporte-Digard

C O L L E C T I O N — L E S 1 0 0 P L U S B E A U X B O U D D H A S D U M O N D E N° 17

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BOUDDHA DE SUBASHI

KUCHA · CHINE (XINJIANG) · VIᵉ-VIIᵉ SIÈCLE — LE TORSE D'ARGILE DU GRAND FORT Couverture : torse masculin en terre crue, Subashi (secteur ouest), Xinjiang, fin VIᵉ-début VIIᵉ siècle — musée Guimet, Paris (MG 23751), dépouillement de la mission Pelliot (1906-1909) ; photo : ALFGRN, licence CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.

FICHE 17 — LES 100 PLUS BEAUX BOUDDHAS DU MONDE Buddhachannel Bouddha de Subashi [sou-ba-chi] · su·ba·shi NOM MASCULIN · SANSKRIT · ART DE KUCHA · N° 17 DE LA COLLECTION Autres noms : Subashi · 苏巴什佛寺遗址 (ruines du temple de Subashi) · le temple du grand fort n. m. — Figure de terre crue du temple de Subashi, près de Kucha (Xinjiang), modelée à la fin du VI ᵉ ou au début du VII ᵉ siècle : un fragment de colosse dont le corps nu et le pagne noué résument les ateliers de la route de la soie.

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FICHE TECHNIQUE

N° DANS LA COLLECTION 17 / 100 PAYS Chine — Xinjiang, près de Kucha, bord du Taklamakan LIEU D'ORIGINE Subashi, secteur ouest dit « grand fort », étape de la route de la soie LIEU DE CONSERVATION Musée Guimet, Paris (MG 23751) STATUT DU LIEU Temple en ruines ; réseau de la route de la soie inscrit à l'UNESCO (2014) ÉPOQUE Fin VI ᵉ -début VII ᵉ siècle de notre ère MATIÈRE Terre crue (argile non cuite) sur âme DIMENSIONS Torse de stature humaine — mesure exacte non publiée POSTURE Debout, poids reporté sur une hanche : figure entière non conservée MUDRĀ Non déterminé : ni tête ni bras PERSONNAGE Figure masculine — bodhisattva ou roi, d'après le pagne et les parures ÉCOLE / STYLE École de Kucha, synthèse indienne, iranienne et tocarienne SIGNES DISTINCTIFS Collier large, pagne noué à la taille, chute d'étoffe sur la jambe

  • ÉTAT Fragmentaire : ni tête ni bras

enduit lacunaire

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L'HISTOIRE

Subashi occupe, de part et d'autre d'un oued, une vallée à l'est de Kucha, sur la route de la soie, au bord du Taklamakan. Le temple a été partiellement fouillé par le comte Ōtani, prince et archéologue japonais dont les expéditions ont exploré le Tarim au début du XX ᵉ siècle ; autour, la même région produit les grottes de Kizil, de Kumtura, de Simsim et de Kizilgaha. Le lieu a surtout livré des reliques : un coffret-relique (ṣarīra) du VI ᵉ -VII ᵉ siècle, orné d'hommes en longues tuniques qui rappellent les frises tocariennes, et, plus célèbre encore, une momie dite de la « sorcière de Subashi », coiffée d'un haut chapeau pointu. Le corps déshydraté a survivé précisément parce que rien n'y vivait : l'aridité du Taklamakan remplace ici la momification, et Subashi doit autant à son climat qu'à ses moines. Le torse de la couverture vient de là. Il a été emporté par la mission Pelliot, en Asie centrale de 1906 à 1909, et rejoint le musée Guimet sous la cote MG 23751 : modelé en argile non cuite, il est resté entier de la taille à l'épaule, privé de tête et de bras. C'est la condition ordinaire des œuvres de terre crue, matière lourde et fragile, qui se brise aux jointures. Inscrit en 2014 dans le réseau UNESCO de la route de la soie, le site, lui, n'est plus qu'un tapis de murs de terre : des fondations, des ruelles, et le vent.

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À RETENIR

Subashi est la version en argile de ce que Kizil fait en pierre : un art de passage, où l'Inde donne le corps, l'Iran les étoffes et la Chine les contours. Le fragment de Guimet tient tout entier dans ce pagne — et dans la place vide laissée par la tête.

FICHE 17 — BOUDDHA DE SUBASHI Buddhachannel

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LE SYMBOLE

Un torse sans tête oblige à changer de lecture. On ne regarde plus un visage, mais une construction : l'épaule large, la cage de poitrine, le poids déplacé sur une hanche — le canon indien du corps, transmis par les ateliers de la route. Les parures et le pagne noué indiquent un personnage élevé. Ici l'art de Kucha se montre tel qu'il est : ni indien, ni iranien, ni chinois, mais tout cela à la fois, dans une argile locale. Le reste du temple pensait de la même façon. Une steppe de reliquaires occupait Subashi : on y déposait les restes d'un maître pour qu'ils continuent d'agir. La statue n'est alors qu'un autre contenant — un corps creux qui garde une présence. Ce que le visiteur vient y chercher tient précisément à ce déficit : la place d'une tête qu'on ne verra pas, et l'idée qu'un sanctuaire ait été construit pour abriter des restes plutôt que des personnes. La terre crue, elle non plus, ne dure que par sécheresse : elle a tenu ici parce que le désert ne l'a jamais mouillée — une autre manière d'être conservé, sans musée ni vitrine.

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LIRE L'IMAGE

La couverture montre un torse d'argile, sans tête ni bras, éclairé devant un fond sombre. Le haut du corps est nu, marqué au cou par un large collier ; la surface, ocre claire, montre des craquelures et des pertes d'enduit, surtout sur la clavicule et l'épaule gauche, tranchée net. À la taille, un pagne noué soutient une étoffe qui tombe en plis verticaux jusqu'aux jambes — la chute de l'étoffe est la seule partie où le modèle ait travaillé avec régularité. La lumière vient de gauche et souligne les volumes ; le socle métallique disparaît dans l'ombre. On regarde ici un morceau de statue comme on regarde un fragment d'architecture : pour deviner l'ensemble.

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REPÈRES CHRONOLOGIQUES

IIIᵉ-VIIIᵉ s. Apogée de Kucha et de ses grottes voisines VIᵉ-VIIᵉ s. Torse de la couverture et coffret-relique aux figures tocariennes VIIᵉ siècle Xuanzang visite Kucha et décrit ses monastères années 1900 Fouilles partielles menées par le comte Ōtani 1906-1909 Mission Pelliot : le torse part pour Paris (MG 23751) 2014 Inscription du réseau de la route de la soie au patrimoine mondial POURQUOI IL FIGURE PARMI LES 100 Dix-sept points : un torse sans tête ni bras ne peut noter l'expression — ce 3 mesure ce qui manque, non la qualité de l'œuvre. L'état pèse à son tour ; l'émotion, elle, tient à la lumière latérale et à la chute du pagne, seuls éléments à avoir traversé quinze siècles. Harmonie des proportions 4 / 5 Expression du visage 3 / 5 État de conservation 2 / 5 Rayonnement historique 4 / 5 Émotion ressentie 4 / 5 Total 17 / 25

FICHE 17 — BOUDDHA DE SUBASHI Buddhachannel

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VISITER

ACCÈS Kucha (comté de Baicheng) se rejoint en avion ou en train ; le site de Subashi se trouve à quelques kilomètres de la ville, en taxi ou en voiture de location. MEILLEURE PÉRIODE Mai à octobre ; éviter l'hiver, quand le vent de sable balaie la vallée. SUR PLACE Fondations de terre crue des deux rives, le « grand fort » du secteur ouest, grottes de Kizil et de Kumtura à proximité, musée de Kucha. COMBINÉ Kizil à l'ouest (fiche 14), Turpan et Bezeklik à l'est (fiche 15), Aksou et le nord du Tarim. PRÉCAUTIONS Site de plain-pied, sans ombre : chapeau et eau ; les murs de terre crue sont fragiles, restez sur les chemins tracés. VOCABULAIRE DE LA FICHE ṢARĪRA Coffret-relique conservant les restes d'un maître ; celui de Subashi montre des hommes en tuniques tocariennes. TERRE CRUE Argile modelée et séchée sans cuisson : la matière dominante des oasis, là où la pierre manque. TOCARIENS Peuples d'Asie centrale, locuteurs d'une langue indo-européenne, dont les images peuplent les temples du Tarim. COMTE ŌTANI Prince et archéologue japonais (Ōtani Kikuzō) dont les expéditions ont exploré la route de la soie au début du XX ᵉ siècle. MISSION PELLIOT Mission française en Asie centrale (1906-1913) : Paul Pelliot emporte à Paris une part des trouvailles du Tarim.

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VOIR AUSSI

14 Bouddhas de Kizil · 16 Bouddhas de Khotan · 15 Bouddhas de Bezeklik · 13 Bouddha des grottes de Mogao · 47 Bouddha de Yungang SOURCES & CRÉDIT Sources : Wikipédia (en), « Subashi Temple » · Musée national des arts asiatiques - Guimet, Paris, notice MG 23751 · International Dunhuang Project (IDP) · UNESCO, Silk Roads: the Routes Network of Chang'an-Tianshan Corridor (2014). Crédit de la couverture : Couverture : torse masculin en terre crue, Subashi (secteur ouest), Xinjiang, fin VI ᵉ -début VII ᵉ siècle — musée Guimet, Paris (MG 23751), dépouillement de la mission Pelliot (1906-1909) ; photo : ALFGRN, licence CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons. Statut éditorial : fiche 17 — validée pour publication — Dernière mise à jour : 28 septembre 2026 — Rubriques : 18 champs renseignés sur 18.