Avant-propos : notre place
Le Yoga Sati Santi est une pratique corporelle et méditative inspirée du Dhamma. Nous ne prétendons pas enseigner la Bouddhéité : nous pratiquons sur le chemin qui nous y oriente.
Nous ne cherchons ni à toucher, ni à modifier, ni à remplacer les pratiques purement bouddhiques. Nous ne parlons pas au nom des communautés bouddhiques, et nous ne résumons pas le yoga à notre pratique. Notre chemin se tient à côté des traditions, dans le respect de leur diversité et de leur histoire.
1. Trois mots, une progression
- Yoga (sanskrit, racine yuj, « atteler, unir ») : relier, mettre en relation.
- Sati (pali ; sanskrit smṛti) : d'abord « mémoire, rappel » ; le Bouddha en fait la présence attentive, la vigilance nue, la conscience de l'instant.
- Santi (pali ; sanskrit śānti) : la paix, le calme, la tranquillité.
Réunis, ils dessinent une progression simple : se relier → être présent → s'apaiser.
Pendant des millénaires, le sanskrit a été la base linguistique du yoga et du bouddhisme. Le pali n'a jamais été la langue de rédaction du yoga brahmanique ou classique. En revanche, le Canon pali contient les instructions méditatives du Bouddha - Jhāna, Sati, Ānāpānasati - qui constituent la dimension yogique du bouddhisme ancien. Réunir ces mots rappelle simplement qu'ils ont grandi dans le même sol culturel et linguistique de l'Inde ancienne, tout en développant leurs propres enseignements.
2. Pourquoi parler des neurosciences
Nous ne faisons pas de la science une autorité qui dicterait la valeur spirituelle d'une pratique. Nous nous servons des connaissances actuelles - anatomie, physiologie, psychologie, neurologie - comme d'un outil de compréhension.
La plasticité du cerveau, le rôle de la peau, la régulation du souffle et du système nerveux nous aident à expliquer, avec des mots simples, ce qui se joue dans le corps et dans l'esprit quand on pratique. Mais nous distinguons clairement l'expérience vécue de son étude scientifique : une expérience méditative ne se résume pas à ce qui peut être mesuré dans un cerveau.
C'est ainsi que nous cherchons à développer un yoga très simple, très pur, accessible à tous - aux jeunes comme aux plus âgés, à ceux qui sont en pleine force comme à ceux qui traversent la maladie, la fragilité ou des situations difficiles. Un yoga simple et explicatif : on ne demande pas d'abord de croire, on explique ce qui se passe, sans jargon.
3. Un exemple : je lève un bras
Un seul exemple suffit. Je lève un bras. Que se passe-t-il dans mon corps ? dans mes douleurs ? dans ma respiration ? dans mon mental ?
- Dans mon corps : le geste part de l'épaule, met en jeu les muscles, les tendons, les articulations ; le poids du bras se déplace et tout l'équilibre se réorganise, jusque dans les appuis des pieds.
- Dans mes douleurs : si une épaule est douloureuse, le mouvement se modifie, le corps cherche des compensations. La douleur n'est pas seulement un point local : c'est une information que l'on peut écouter.
- Dans ma respiration : le souffle se retient, se raccourcit ou s'accélère sans que je le décide ; il dit quelque chose de l'effort et de l'état du corps.
- Dans mon mental : une intention, une image, un commentaire intérieur apparaissent ; l'attention se porte, se détourne, revient.
Rien de tout cela n'est décoratif. Le geste le plus ordinaire devient une leçon d'anatomie, de physiologie et d'attention.
4. Être relié : entre Ciel et Terre
Ce yoga permet à chacun de se sentir relié à tout ce qui l'entoure : le sol, donc la terre ; et, plus haut, le ciel. Comme le disent les Chinois : « L'homme entre Ciel et Terre », que nous traduisons par « l'Être entre Ciel et Terre ».
C'est une prise de conscience toute simple, ni religieuse ni sectaire : nous sommes à la fois des êtres cosmiques et des êtres terriens, des êtres cosmotelluriques - sans grandeur ni arrogance. Juste les pieds ancrés sur cette terre et le crâne qui se relie au ciel, signe que nous sommes infiniment petits, mais vivants.
Foreword: our place
Yoga Sati Santi is a bodily and meditative practice inspired by the Dhamma. We do not claim to teach Buddhahood: we practise on the path that leads towards it. Our path stands alongside the traditions, in respect for their diversity and their history.
1. Three words, one progression
- Yoga (Sanskrit, root yuj, "to yoke, to unite"): to link, to put into relation.
- Sati (Pali; Sanskrit smṛti): first "memory, recollection"; the Buddha turns it into mindful presence, bare vigilance, awareness of the present moment.
- Santi (Pali; Sanskrit śānti): peace, calm, tranquillity.
Together they trace a simple progression: to connect → to be present → to find peace.
2. Why speak of neuroscience
We do not make science an authority that would dictate the spiritual value of a practice. We use current knowledge - anatomy, physiology, psychology, neurology - as a tool for understanding. The plasticity of the brain, the role of the skin, the regulation of the breath and of the nervous system help us explain, in simple words, what unfolds in body and mind when we practise.
3. An example: I raise one arm
I raise one arm. In my body, the gesture starts at the shoulder and reorganises balance down to the feet. In my pain, the body looks for compensations-pain is information to be listened to. In my breathing, the breath holds or quickens. In my mind, an intention and inner commentary appear. The most ordinary gesture becomes a lesson in anatomy, physiology and attention.
4. Being connected: between Heaven and Earth
As the Chinese say: "Man between Heaven and Earth", which we render as "the Being between Heaven and Earth". We are at once cosmic and terrestrial beings, cosmotelluric beings - without grandeur or arrogance. Just feet anchored in this earth and a skull that connects to the sky.
Inhabit the body. Observe the breath. Recognise what happens in the mind. Cultivate presence. Let calm emerge.