Tilakkhaṇāni
Sabbaṃ parivattati. Kiñci saṅkhataṃ amhe abhi-niccalaṃ santosaṃ dātuṃ na sakkoti. Yaṃ ca amhe passāma taṃ, niccaṃ vā sayaṃ-bhūtaṃ vā sabbathā vasaṃ vā attaṃ na hoti.
Introduction & Étymologie
Dans le bouddhisme ancien, trois caractéristiques permettent d'examiner l'expérience : Anicca, l'impermanence, Dukkha, l'insatisfaction ou le caractère non pleinement satisfaisant de l'existence conditionnée, Anattā, le non-soi. En pāli, on parle couramment de tilakkhaṇa, « trois caractéristiques » ou « trois marques ». En sanskrit, les traditions emploient des formulations correspondantes autour des trois marques de l'existence conditionnée. Ces trois enseignements ne fonctionnent pas comme trois dogmes isolés. Ils se répondent. Ce qui est conditionné change. Ce qui change ne peut offrir une sécurité absolue lorsqu'on s'y agrippe. Et ce qui change selon des causes et des conditions ne peut facilement être identifié à un soi fixe, autonome et souverain. Leur contemplation ne vise pas à diminuer la valeur de la vie. Elle cherche à transformer notre manière de nous attacher aux phénomènes. Voir plus justement permet progressivement de saisir moins fortement.
1 — Anicca — L'Impermanence
Anicca signifie que les phénomènes conditionnés ne demeurent pas identiques. Le corps change, les sensations changent, les émotions changent, les pensées changent, les relations et les sociétés changent. L'impermanence ne signifie pas que rien n'existe. Elle signifie que ce qui apparaît en dépendance de causes et de conditions se transforme. Cette vérité possède deux visages : ce que nous aimons peut disparaître, mais ce qui nous fait souffrir peut également changer. Sans impermanence, aucune croissance, aucun apprentissage et aucune libération ne seraient possibles.
2 — Dukkha — L'Insatisfaction
Dukkha ne signifie pas simplement que « la vie est souffrance ». Le terme couvre la douleur manifeste, la souffrance liée au changement et une insatisfaction plus fondamentale : ce qui est conditionné ne peut fournir une satisfaction absolument stable. Le problème n'est pas qu'un moment heureux existe, il est de lui demander de ne jamais changer. Dukkha apparaît ainsi lorsque nous exigeons du fragile qu'il soit définitif, du changeant qu'il reste et de ce qui échappe à notre contrôle qu'il obéisse entièrement à notre désir.
3 — Anattā — Le Non-Soi
Anattā invite à examiner ce que nous appelons « moi ». Le corps, les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience changent et dépendent de conditions. Aucun de ces agrégats ne peut être simplement déclaré permanent, indépendant et totalement sous contrôle. Le non-soi ne signifie pas que la personne conventionnelle n'existe pas, ni que la responsabilité disparaît. Il remet en question la croyance en un noyau fixe et autonome auquel tout devrait pouvoir être rapporté comme « moi » ou « mien ».
Dans La Vie Quotidienne
Une journée suffit pour rencontrer les trois caractéristiques. Une humeur du matin disparaît : ANICCA. Nous voulions qu'un plaisir dure ou qu'un inconfort cesse immédiatement : DUKKHA. Nous transformons une expérience passagère en affirmation identitaire — « je suis incapable », « je suis colérique », « je serai toujours ainsi » : ANATTĀ invite à examiner cette fixation. Le but n'est pas de répéter trois mots à chaque difficulté. Il est d'apprendre une nouvelle grammaire intérieure : ceci change, ceci ne peut pas tout me donner, ceci n'est peut-être pas tout ce que je suis.
Les Trois Caractéristiques Et Le Vivant
Le vivant est processus. Une cellule échange, un organisme régule, une forêt se transforme, une rivière n'est jamais constituée exactement de la même eau. Ces observations contemporaines peuvent offrir des images puissantes de changement et d'interdépendance. Elles ne prouvent ni Anicca, ni Dukkha, ni Anattā au sens doctrinal. La science décrit des phénomènes, le Dharma interroge ce que leur observation change dans notre manière de nous attacher, de souffrir et de comprendre.
Images Et Symboles Associés
Il n'existe pas un symbole unique et universel des Trois Caractéristiques. La feuille qui tombe, la flamme, le courant d'une rivière ou une fleur fanée peuvent illustrer l'impermanence dans des contextes pédagogiques. La roue de l'existence évoque le Saṃsāra et la conditionnalité. Dans certaines traditions d'Asie orientale, les « sceaux du Dharma » offrent des formulations doctrinales apparentées, mais les listes ne sont pas toujours strictement identiques à la triade pālie Anicca-Dukkha-Anattā. Il convient donc de respecter les contextes historiques et doctrinaux.
Citation
« Toutes les formations sont impermanentes. Toutes les formations sont dukkha. Tous les phénomènes sont non-soi. »
- Dhammapada, versets 277–279, traduction française condensée du sens.
Buddhachannel Pratique — Dans Le Monde D'aujourd'hui
Il arrive qu'un enseignement ancien tienne en quelques mots et qu'une vie entière ne suffise pourtant pas à en épuiser la profondeur. Anicca, Dukkha, Anattā appartiennent à ces mots-là. Ils nous disent que les phénomènes conditionnés changent, que vouloir trouver en eux une satisfaction définitive nous expose à Dukkha, et que ce que nous appelons « moi » ne révèle pas, lorsqu'on l'examine, un soi permanent, indépendant et immuable. Trois caractéristiques, mais peut-être surtout trois regards posés sur une même expérience humaine.
Nous souffrons souvent parce que nous séparons ce qui, dans la vie, se produit ensemble. Quelque chose change — Anicca — et nous voudrions que cela demeure. De cette résistance, de cet attachement, de cette impossibilité à obtenir une sécurité définitive dans ce qui est changeant, nous éprouvons Dukkha. Puis nous disons : cela m'arrive à moi, cela menace ce que je suis, je ne serai plus jamais le même, comme si ce « moi » qui traverse l'événement devait lui-même demeurer intact au milieu d'un monde en transformation; Anattā vient alors ouvrir une troisième porte et nous invite à regarder si cet être que nous défendons avec tant d'énergie n'est pas lui aussi fait de processus, de relations, de souvenirs, de sensations, de pensées et de transformations.
Ces trois caractéristiques ne sont donc pas trois raisons de devenir triste. L'impermanence ne dit pas que rien ne vaut la peine d'être aimé parce que tout disparaît; elle peut nous apprendre à aimer sans exiger l'éternité. Dukkha ne dit pas que toute vie n'est que souffrance; il nous aide à reconnaître ce qui devient insatisfaisant lorsque nous demandons au changeant de nous donner une sécurité qu'il ne peut garantir. Anattā ne dit pas que nous n'existons pas; il nous invite à ne pas transformer notre histoire, nos émotions, notre corps ou nos opinions en une identité fixe à laquelle nous devrions rester fidèles jusqu'à nous y enfermer.
Peut-être ces trois enseignements deviennent-ils particulièrement précieux lorsque la vie nous oblige à quitter une ancienne image de nous-mêmes. Nous vieillissons, un enfant quitte la maison, une activité s'achève, un rôle professionnel disparaît, une relation change, le corps ne répond plus exactement comme autrefois. Nous pourrions alors entendre trois questions : qu'est-ce qui est en train de changer ? À quoi suis-je en train de m'accrocher au point d'ajouter de la souffrance à ce changement ? Qui serais-je si je n'étais pas obligé de demeurer exactement celui que j'étais ?
Conclusion
Les Trois Caractéristiques ne demandent pas de regarder la vie avec froideur. Elles demandent de la regarder avec suffisamment de précision pour ne plus exiger d'elle ce qu'elle ne peut donner. ANICCA nous apprend que tout ce qui est conditionné change. DUKKHA nous montre la souffrance qui naît lorsque nous voulons transformer le changeant en sécurité définitive. ANATTĀ nous invite à ne pas figer en identité ce qui apparaît au sein de processus multiples et conditionnés. La science contemporaine peut décrire un corps en adaptation constante et une expérience de soi construite par de nombreux systèmes ; elle ne remplace pas le Dharma. La pratique commence lorsque ces trois regards quittent la page et rencontrent une respiration, une émotion, une relation, une perte ou un instant de bonheur.
ANICCA nous apprend à laisser changer.
DUKKHA nous apprend à reconnaître ce qui nous enferme.
ANATTĀ nous apprend à ne pas nous figer nous-mêmes.
Et peut-être, ensemble, à habiter pleinement une vie qui, précisément parce qu'elle change, reste toujours ouverte.
Poursuivez avec les racines étymologiques, le tableau des 21 langues et l'analyse selon les trois grands véhicules (Theravāda, Mahāyāna, Vajrayāna).
Termes
Sanskrit : Trilakṣaṇa (त्रिलक्षण)
Pāli : Tilakkhaṇa
Ti signifie « trois » et lakkhaṇa « marque », « caractéristique », « signe distinctif ». Tilakkhaṇa désigne les trois caractéristiques : Anicca, Dukkha et Anattā.
Les traditions sanskrites expriment les caractéristiques correspondantes par anitya, duḥkha et anātman. Selon les corpus et les écoles, leur formulation et leur articulation peuvent varier, notamment lorsqu'elles sont intégrées à des listes doctrinales plus larges.
Introduction & Étymologie
Dans le bouddhisme ancien, trois caractéristiques permettent d'examiner l'expérience : Anicca, l'impermanence, Dukkha, l'insatisfaction ou le caractère non pleinement satisfaisant de l'existence conditionnée, Anattā, le non-soi. En pāli, on parle couramment de tilakkhaṇa, « trois caractéristiques » ou « trois marques ». En sanskrit, les traditions emploient des formulations correspondantes autour des trois marques de l'existence conditionnée. Ces trois enseignements ne fonctionnent pas comme trois dogmes isolés. Ils se répondent. Ce qui est conditionné change. Ce qui change ne peut offrir une sécurité absolue lorsqu'on s'y agrippe. Et ce qui change selon des causes et des conditions ne peut facilement être identifié à un soi fixe, autonome et souverain. Leur contemplation ne vise pas à diminuer la valeur de la vie. Elle cherche à transformer notre manière de nous attacher aux phénomènes. Voir plus justement permet progressivement de saisir moins fortement.
1 — Anicca — L'Impermanence
Anicca signifie que les phénomènes conditionnés ne demeurent pas identiques. Le corps change, les sensations changent, les émotions changent, les pensées changent, les relations et les sociétés changent. L'impermanence ne signifie pas que rien n'existe. Elle signifie que ce qui apparaît en dépendance de causes et de conditions se transforme. Cette vérité possède deux visages : ce que nous aimons peut disparaître, mais ce qui nous fait souffrir peut également changer. Sans impermanence, aucune croissance, aucun apprentissage et aucune libération ne seraient possibles.
2 — Dukkha — L'Insatisfaction
Dukkha ne signifie pas simplement que « la vie est souffrance ». Le terme couvre la douleur manifeste, la souffrance liée au changement et une insatisfaction plus fondamentale : ce qui est conditionné ne peut fournir une satisfaction absolument stable. Le problème n'est pas qu'un moment heureux existe, il est de lui demander de ne jamais changer. Dukkha apparaît ainsi lorsque nous exigeons du fragile qu'il soit définitif, du changeant qu'il reste et de ce qui échappe à notre contrôle qu'il obéisse entièrement à notre désir.
3 — Anattā — Le Non-Soi
Anattā invite à examiner ce que nous appelons « moi ». Le corps, les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience changent et dépendent de conditions. Aucun de ces agrégats ne peut être simplement déclaré permanent, indépendant et totalement sous contrôle. Le non-soi ne signifie pas que la personne conventionnelle n'existe pas, ni que la responsabilité disparaît. Il remet en question la croyance en un noyau fixe et autonome auquel tout devrait pouvoir être rapporté comme « moi » ou « mien ».
Dimensions Philosophiques Et Fondement
Les Trois Caractéristiques forment une dynamique. ANICCA décrit le changement. DUKKHA montre ce qui se produit lorsque nous cherchons une sécurité définitive dans ce qui change. ANATTĀ examine celui qui prétend posséder, contrôler ou demeurer identique au milieu de ces processus. Cette articulation ne doit pas être transformée en syllogisme simpliste : les traditions bouddhiques ont développé des analyses philosophiques très fines de ces notions. Mais dans la pratique, leur relation est immédiatement féconde. Une émotion apparaît : Anicca rappelle qu'elle change. Nous nous y agrippons ou la rejetons : Dukkha révèle la tension. Nous disons « je suis cette émotion » : Anattā invite à regarder si l'expérience peut être observée sans devenir une identité définitive. Les Trois Caractéristiques déplacent ainsi le centre de la pratique : de la possession vers l'observation, de la fixation vers le processus, de l'identité figée vers l'expérience conditionnée.
Traduction En 21 Langues
LANGUES FONDATRICES DU BOUDDHISME
Sanskrit : त्रिलक्षण - Trilakṣaṇa
Pāli : Tilakkhaṇa
Cinghalais : තිලක්ඛඛණ - Tilakkhaṇa
Chinois : 三法印 - Sān Fǎyìn
Tibétain : ཆོས་ཀྱི་སྡོམ་གསུམ་ - Chos kyi sdom gsum
Japonais : 三法印 - Sanbōin
Coréen : 삼법인 - Sambeobin
Vietnamien : Tam Pháp Ấn
Thaï : ไตรลักษณ์ - Trailak
Mongol : гурван шинж - Gurvan shinj
Indonésien : Tiga Corak Keberadaan
LANGUES INTERNATIONALES DE DIFFUSION
Anglais : Three Marks of Existence
Français : Trois Caractéristiques de l'existence
Espagnol : Tres características de la existencia
Portugais : Três características da existência
Allemand : Drei Daseinsmerkmale
Italien : Tre caratteristiche dell'esistenza
Russe : Три признака существования
LANGUES DU DIALOGUE ENTRE LES CULTURES
Arabe : الثالث الوجود خصائص
Hébreu : הקיום מאפייני שלושת
Hindi : त्रिलक्षण - Trilakṣaṇa
Les Trois Caractéristiques Selon Les Grandes Traditions
THERAVĀDA
VOIR ANICCA, DUKKHA ET ANATTĀ DANS L'EXPÉRIENCE
Dans le Theravāda, Anicca, Dukkha et Anattā sont des caractéristiques centrales pour le développement de la vision pénétrante. Le pratiquant observe le corps, les sensations, les états mentaux et les phénomènes afin de voir leur apparition, leur transformation et leur disparition. ANICCA révèle que les formations conditionnées ne peuvent être retenues. DUKKHA montre qu'elles ne peuvent constituer un refuge définitif lorsqu'elles sont saisies avec attachement. ANATTĀ montre qu'elles ne peuvent être justement considérées comme « ceci est mien, ceci je suis, ceci est mon soi ». L'analyse des cinq agrégats est particulièrement importante dans cette contemplation. Il ne s'agit pas de se convaincre intellectuellement que tout est impermanent ou sans soi, mais de développer une compréhension directe qui diminue l'appropriation. La méditation vipassanā travaille précisément avec cette capacité à voir les phénomènes sans leur attribuer une permanence qu'ils n'ont pas. À mesure que l'avidité, l'aversion et l'ignorance diminuent, le rapport à l'expérience se transforme. Les Trois Caractéristiques ne sont donc pas une description pessimiste du monde : elles participent à une connaissance conduisant vers le détachement, la cessation de Dukkha et le Nibbāna.
MAHĀYĀNA
IMPERMANENCE, SOUFFRANCE, NON-SOI ET VACUITÉ
Le Mahāyāna reçoit les enseignements sur l'impermanence, Dukkha et le non-soi, et les approfondit à travers la vacuité et l'interdépendance. Le non-soi ne concerne pas seulement l'absence d'un ego permanent : les phénomènes eux-mêmes sont analysés comme vides d'existence intrinsèque. Ils apparaissent en dépendance de causes, de conditions, de parties, de relations et de désignations. Cette vacuité ne signifie pas que rien n'existe. Elle signifie que rien n'existe de manière indépendante et autosuffisante. ANICCA devient ainsi intelligible parce que les phénomènes dépendent de conditions, DUKKHA apparaît lorsque l'attachement veut figer ce qui ne peut l'être, ANATTĀ ouvre la fixation identitaire vers une compréhension plus vaste de la vacuité. La voie du Bodhisattva ajoute une dimension essentielle : comprendre ces caractéristiques ne doit pas conduire à l'indifférence. Parce que les êtres souffrent en s'agrippant à ce qui change, sagesse et compassion doivent grandir ensemble. La vacuité elle-même rend la transformation possible : si les êtres possédaient une essence définitivement figée, aucun chemin vers l'Éveil ne pourrait s'ouvrir.
VAJRAYĀNA
TRANSFORMER LA FIXATION ET RECONNAÎTRE LE CARACTÈRE CHANGEANT DE L'EXPÉRIENCE
Le Vajrayāna hérite des analyses mahāyāna de l'impermanence, de la souffrance, du non-soi et de la vacuité. L'impermanence et la mort sont fréquemment contemplées dans les pratiques préliminaires afin de rappeler la valeur du temps et l'urgence de la pratique. Le but n'est pas de créer une peur morbide, mais de cesser de vivre comme si les conditions présentes étaient garanties. Les méthodes tantriques travaillent également avec les perceptions et identifications ordinaires : corps, parole, émotions et pensées peuvent être transformés dans des cadres initiatiques précis. ANATTĀ et la vacuité empêchent de prendre les identités construites pour des essences définitives. Dans le Mahāmudrā ou le Dzogchen, selon les traditions et transmissions, l'observation directe de l'apparition et de la dissolution des pensées peut devenir une porte vers la reconnaissance de la nature de l'esprit. Mais cette reconnaissance ne supprime ni l'éthique ni la compassion. Voir l'absence de fixité ne signifie pas que tout se vaut. Le Vajrayāna cherche plutôt à transformer la fixation qui convertit une expérience fluide en monde rigide de « moi », « mien », attirance et rejet.
L'expérience Du Jour — Regarder Une Seule Chose Avec Trois Regards
Aujourd'hui, choisissez un changement réel mais suffisamment léger pour pouvoir l'observer paisiblement : une habitude qui évolue, une capacité physique qui n'est plus exactement la même, un objet auquel vous tenez qui vieillit, une relation qui se transforme, ou simplement la lumière d'une journée qui avance.
Regardez d'abord avec Anicca : qu'est-ce qui change réellement ? Ne cherchez pas encore à savoir si ce changement est bon ou mauvais. Regardez-le.
Puis laissez venir Dukkha : qu'est-ce qui, dans ce changement, m'est difficile ? Est-ce le changement lui-même, ou également mon désir que les choses restent telles qu'elles étaient ? Là encore, aucune accusation. S'attacher à ce que nous aimons appartient profondément à l'expérience humaine.
Enfin, laissez apparaître Anattā : quelle image de moi-même suis-je peut-être en train de vouloir protéger ? Celui qui devait toujours pouvoir faire cela ? Celle qui pensait conserver cette place ? Celui qui croyait ne jamais changer d'avis ? Ne cherchez pas à faire disparaître cette identité; voyez seulement qu'elle est peut-être moins immobile que vous ne le pensiez.
Puis laissez toutes les questions. Retournez à votre journée et regardez ce qui est devant vous maintenant.
Car la sagesse des Trois Caractéristiques ne consiste peut-être pas à répéter toute la journée que tout est impermanent, insatisfaisant et sans soi. Elle peut devenir beaucoup plus simple : ne pas demander au présent d'être le passé, ne pas ajouter inutilement de la souffrance à ce qui change, et ne pas obliger celui que nous sommes aujourd'hui à demeurer prisonnier de celui que nous étions hier.
Anicca nous apprend à laisser changer. Dukkha nous apprend à reconnaître ce que notre saisie fait souffrir. Anattā nous apprend à laisser ouverte la question de celui qui traverse ce changement.
Et soudain ces trois enseignements, qui pouvaient sembler austères, deviennent peut-être trois formes d'une même liberté.
Mots-Clés
Trois Caractéristiques • Tilakkhaṇa • Trois Marques • Anicca • Anitya • Dukkha • Duḥkha • Anattā • Anātman • Impermanence • Insatisfaction • Non-soi • Cinq Agrégats • Vipassanā • Vacuité • Interdépendance
Padasā
Sanskrit : Trilakṣaṇa (त्रिलक्षण)
Pāli : Tilakkhaṇa
‘Ti’ ti ‘tīṇi’ iti attho, ‘lakkhaṇa’ ti ‘nimittaṃ’, ‘vissesaṃ’, ‘saññāṇaṃ’ iti attho. Tilakkhaṇaṃ ti Aniccaṃ, Dukkhaṃ, Anattā ca imā tīṇi lakkhaṇāni.
Sakkata-paraṃparāyo aniccaṃ, dukkhaṃ, anattā ca sadisāni lakkhaṇāni vyākaronti. Ganthesu ca nikāyesu ca nānā-rūpāni ca sambaddhāni ca lakkhaṇāni bhinnāni bhavituṃ sakkonti, visesato mahanta-dhamma-saṅkilesu.
Pāḷi Pavesanaṃ ca Saddanīti
Purāṇe Buddhasāsane, tīṇi lakkhaṇāni anubhavaṃ vimansituṃ labbhā: Aniccaṃ, animittatā; Dukkhaṃ, asantosatā vā saṅkhata-bhāvassa anati-santusana-lakkhaṇaṃ; Anattā, anatta-lakkhaṇaṃ. Pāḷi-bhāsāyaṃ tilakkhaṇaṃ, ‘tīṇi lakkhaṇāni’ vā ‘tīṇi nimittāni’ iti paṭirūpaṃ. Sakkata-paraṃparāsu, saṅkhata-bhāvassa tīṇi nimittāni parato yuttāni padāni payuñjanti. Ime tīṇi dhammā ekakesaṃ dogmā viya na parivattanti. Te aññamaññaṃ paṭisaṃsaranti. Yaṃ saṅkhataṃ taṃ parivattati. Yaṃ parivattati taṃ paripunṇaṃ khemaṃ na deti, yadi taṃ upādiyati. Yo ca dhamma hetūhi ca paccayehi ca parivattati, so nicca-attā, sayaṃ-bhū-attā ca issara-attā ca subodha-laddho na hoti. Tesaṃ anussati jīvitassa agghaṃ na hāpeti. Sā amhākaṃ dhammesu uppannaṃ chandaṃ parivattetuṃ icchati. Yuttataraṃ dassanaṃ anukkamena dubbalataraṃ gahaṇaṃ paṭicchati.
1 — Aniccaṃ — Aniccatā
Aniccaṃ ti attho, ye saṅkhatā dhammā, te na ekasadisā tiṭṭhanti. Kāyaṃ parivattati, vedanā parivattati, cittaṃ parivattati, saṅkhārā parivattanti, sambandhā ca samudāyā ca parivattanti. Aniccatā ti ‘kiñci na vijjati’ iti na hoti. Aniccatā ti yaṃ hetūhi ca paccayehi ca paṭubhavati, taṃ parivattati. Ayaṃ saccaṃ dvīhi mukhehi yuttaṃ: yaṃ amhehi piyaṃ taṃ vilīyituṃ sakkoti, api ca yaṃ amhe dukkheti taṃ pi parivattituṃ sakkoti. Aniccatāyaṃ asati, vaḍḍhi vā, sikkhaṇaṃ vā, vimutti vā na sambhavissanti.
2 — Dukkhaṃ — Asantosatā
Dukkhaṃ ti ‘jīvitaṃ dukkhaṃ eva’ iti evaṃ na hoti. Ayaṃ padaṃ pākate dukkhaṃ, parivattana-sambandhaṃ dukkhaṃ, ekā ca mūlabhūtā asantosatā ca paṭicchati: yaṃ saṅkhataṃ taṃ abhi-niccalaṃ santosaṃ na dātuṃ sakkoti. Samassā nāma sukha-khaṇo atthi iti na hoti, api ca taṃ ‘kadāpi mā parivattatu’ ti yācanaṃ hoti. Dukkhaṃ evaṃ uppajjati, yadā amhe dubbalaṃ ‘niccaṃ hotu’ ti, parivattana-sīlaṃ ‘ṭhaṭṭhātu’ ti, yaṃ amhākaṃ vasaṃ nātikkamati taṃ ‘amhākaṃ chandaṃ sabbadā anuvattatu’ ti abhiyācema.
3 — Anattā — Anatta-lakkhaṇaṃ
Anattā amhe ‘attā’ ti vadāma taṃ vimansituṃ āmanteti. Kāyaṃ, vedanā, saññā, saṅkhārā, viññāṇaṃ ca parivattanti ca paccayehi upādāya. Imesaṃ khandhānaṃ koci pi ‘niccaṃ, sayaṃ-bhūtaṃ, sabbathā vasaṃ’ iti pākaṭaṃ na sakkā. Anattā ti ‘vohāra-puggalo na vijjati’ ti vā ‘uttaridaṃ na vilīyati’ ti vā na hoti. So nicca-sayaṃ-bhū-sāraṃ, yaṃ ‘etaṃ mama, eso ahaṃ, esome attā’ ti sabbena sambandhaṃ labbhā, tasmiṃ saddhaṃ paṭivijjhāpeti.
Dassanika-Bhāgā ca Mūlāni
Tīṇi Lakkhaṇāni ekā gatiyā yuttāni. ANICCAṃ parivattanaṃ nidasseti. DUKKHAṃ yaṃ uppajjati, yadā amhe parivattana-sīlesu abhi-niccalaṃ khemaṃ gavesema taṃ dasseti. ANATTĀ yaṃ ‘mama’ ti, ‘vasī-karomi’ ti, vā imesu pakāresu ‘eka-sadiso tiṭṭhāmi’ ti vā paṭiññāti taṃ vimanseti. Ayaṃ vibhajanaṃ ekasmiṃ sādhāraṇa-hetuvāde parivattetuṃ na sakkā: Bauddha-paraṃparāyo imesaṃ saññāṇaṃ atisukhumāni dassanika-vimansanāni abhivaḍḍhantā. Api ca pāṭipattiyā, tesaṃ sambandho sīghaṃ phalamati. Ekā cittavutti uppajjati: Aniccaṃ taṃ parivattati ti anussareti. Amhe taṃ upādiyāma vā paṭikkhipāma vā: Dukkhaṃ nijjhatanaṃ pākaṭaṃ karoti. Amhe ‘ahaṃ esā cittavutti’ ti vadāma: Anattā amhe anubhavaṃ niccala-atta-bhāvaṃ anuppattepi passituṃ āmanteti. Evaṃ, Tīṇi Lakkhaṇāni pāṭipattiyā saddamhi parivattenti: upādānā olocanāya, nijjhatana-sīlatāya, niccala-atta-bhāvā saṅkhata-anubhavāya.
Ekkavīsatīhi Bhāsāhi Anuvādaṃ
Buddhasāsanassa Ādi-bhāsāyo
Sanskrit : त्रिलक्षण - Trilakṣaṇa
Pāli : Tilakkhaṇa
Cinghalais : තිලක්ඛඛණ - Tilakkhaṇa
Chinois : 三法印 - Sān Fǎyìn
Tibétain : ཆོས་ཀྱི་སྡོམ་གསུམ་ - Chos kyi sdom gsum
Japonais : 三法印 - Sanbōin
Coréen : 삼법인 - Sambeobin
Vietnamien : Tam Pháp Ấn
Thaï : ไตรลักษณ์ - Trailak
Mongol : гурван шинж - Gurvan shinj
Indonésien : Tiga Corak Keberadaan
Visa-vattī Suvijjita-bhāsāyo
Anglais : Three Marks of Existence
Français : Trois Caractéristiques de l'existence
Espagnol : Tres características de la existencia
Portugais : Três características da existência
Allemand : Drei Daseinsmerkmale
Italien : Tre caratteristiche dell'esistenza
Russe : Три признака существования
Saṃsatta-paṭivacaṇa-bhāsāyo
Arabe : الثالث الوجود خصائص
Hébreu : הקיום מאפייני שלושת
Hindi : त्रिलक्षण - Trilakṣaṇa
Vohārikajīvite
Ekadivasampi tīṇi lakkhaṇāni paṭiladdhuṃ pahoti. Pāta-cittaṃ antaradhāyati: ANICCAṃ. Amhe sukhaṃ cirakālaṃ tiṭṭhātu, vā asukhaṃ sighaṃ nivattatu ti icchāma: DUKKHAṃ. Amhe khaṇikaṃ anubhavaṃ atta-sakkāra-vādaṃ parivattema — ‘ahaṃ asamatthā’, ‘ahaṃ kodhī’, ‘ahaṃ sadā evaṃ bhavissāmi’: ANATTĀ imasmiṃ nijjhatane vimansituṃ āmanteti. Uddeso nāma sakalāyaṃ vādhāya tīṇi padāni punappunaṃ vacanaṃ na hoti. Uddeso nāma navaṃ ajjhātmikaṃ saddanītiṃ sikkhituṃ hoti: etaṃ parivattati, etaṃ me sabbaṃ dātuṃ na sakkoti, etaṃ sabbaṃ mayā na hoti.
Tīṇi Lakkhaṇāni ca Jīvitaṃ
Jīvitaṃ nāma pakāra-gatiyā yuttaṃ. Ekā koṭṭhiyā parivattati, ekā attabhāva-saṃgho niyyādeti, araññaṃ parivattati, nadī kadāpi ekato udakena saṇṭhitā na hoti. Imā pacchima-kāla-avacāro parivattana-saddhiṃ ca paṭicca-samuppāda-saddhiṃ ca balavāni nimittāni dātuṃ sakkoti. Imā Aniccaṃ vā Dukkhaṃ vā Anattāṃ vā dhammika-atthe na paṭivedenti. Vijjā dhammāni nidasseti, Dhammo vimanseti yaṃ tesaṃ avacāraṇaṃ amhākaṃ chande, dukkhe ca paṭivijjhanāya parivatteti.
Sambaddhāni Nimittāni ca Patīkāni
Tīṇaṃ Lakkhaṇānaṃ ekakaṃ ca sabba-paṭirūpaṃ patīkaṃ na vijjati. Pathamaṃ patantaṃ paṇṇaṃ, jotī, nadī-soto vā milāta-pupphaṃ vā pāṭipattika-sīlesu aniccataṃ nidassetuṃ sakkoti. Bhava-cakkaṃ Saṃsāraṃ ca paccaya-lakkhaṇaṃ ca paṭivedeti. Pacchima-āsiyāyaṃ eka-nikāyesu, ‘Dhamma-mudrāyo’ sadisāni dhammika-kathanāni denti, api ca paṭikāyo pāḷi-tika-Anicca-Dukkha-Anattā-sadisā niccalaṃ na honti. Tasmā, itihāsika-sīlāni ca dhammika-sīlāni ca mānituṃ yuttaṃ.
Uddesa-vacanaṃ
« Sabbe saṅkhārā aniccā. Sabbe saṅkhārā dukkhā. Sabbe dhammā anattā. »
— Dhammapada, gāthā 277–279, saṅkhipo atthānuvādaṃ.
Mahā-Paraṃparāsu Tīṇi Lakkhaṇāni
THERAVĀDA
ANICCAṃ, DUKKHAṃ, ANATTĀṃ ca ANUBHAVE PASSANAṃ
Theravāde, Aniccaṃ, Dukkhaṃ, Anattā ca vipassanā-ñāṇassa abhivaḍḍhanāya mūla-lakkhaṇāni honti. Yogī kāyaṃ, vedanaṃ, cittaṃ, dhammaṃ ca passati, tesaṃ uppattiṃ, parivattanaṃ, vyayaṃ ca dassituṃ. ANICCAṃ saṅkhata-dhammānaṃ agahaṇa-sīlaṃ pākaṭaṃ karoti. DUKKHAṃ te upādāna-saddhiṃ gahitā, abhi-niccalaṃ saranaṃ na sakkoti ti dasseti. ANATTĀ te ‘etaṃ mama, eso ahaṃ, esome attā’ ti yuttataraṃ gahetuṃ na sakkonti ti dasseti. Pañca-khandhānaṃ vibhajanaṃ imasmiṃ anussatiyaṃ visesato mahantaṃ hoti. Uddeso nāma ‘sabbaṃ aniccaṃ vā anattā vā’ ti paññāya saddhituṃ na hoti, api ca anupādānaṃ hāpetuṃ adhiṭṭhitaṃ paccaññaṃ abhivaḍḍhetuṃ hoti. Vipassanā-bhāvanā iminā va samatthehi dhammesu tesaṃ aviṭṭhitaṃ lakkhaṇaṃ anadhiggahitvā passituṃ yujjati. Lobho, doso, moho ca hiyamānā, anubhava-sambandho parivattati. Tasmā, Tīṇi Lakkhaṇāni lokassa nīca-dassanaṃ na honti: tā virāgāya, dukkha-nirodhāya ca Nibbānāya ca paṭi-pādaka-ñāṇe sahāyakā honti.
MAHĀYĀNA
ANICCATĀ, DUKKHAṃ, ANATTA-LAKKHAṆAṃ ca SUÑÑATĀ
Mahāyānaṃ aniccatā, dukkhaṃ, anattā ca dhammāni paṭiggaṇhāti, suññatāya ca paṭicca-samuppādena ca tesaṃ atthaṃ gambhīrakaraṇaṃ karoti. Anattā nicca-attano abhāvaṃ evaṃ na hoti: dhammāpi sayaṃ-bhūta-sattato suññā ti vimansitā. Te hetūhi, paccayehi, koṭṭhiyāhi, sambandhehi ca paññātti-pariṇāmena ca uppajjanti. Ayaṃ suññatā ‘kiñci na vijjati’ ti na hoti. Sā ‘kiñci sayaṃ-bhūtaṃ vā anupagāminaṃ vā na vijjati’ ti hoti. ANICCAṃ evaṃ paṭibodha-yuttaṃ hoti, yasmā dhammā paccayehi upādāya; DUKKHAṃ uppajjati, yadā chando yaṃ niccalaṃ na sakkoti taṃ niccaletuṃ icchati; ANATTĀ atta-sakkāra-vādaṃ suññatāya vitthāra-aññāya vivarati. Bodhisattassa maggo ekakaṃ mula-pasāriyaṃ yojeti: imesaṃ lakkhaṇānaṃ paṭivedanaṃ upekkhāya na pāpetuṃ yuttaṃ. Yasmā sattā yaṃ parivattati taṃ upādiyitvā dukkhenti, paññā ca karuṇā ca ekato vaḍḍhetuṃ yuttā. Suññatā sayaṃ parivattanaṃ sakkāraṇīyaṃ karoti: yadi sattānaṃ niccala-nicca-sāro bhaveyya, bodhāya maggo koci pi na vivaratu.
VAJRAYĀNA
Nijjhatanaṃ Parivattetuṃ ca Anubhavassa Parivattana-sīlaṃ Paṭivijjhituṃ
Vajrayānaṃ Mahāyāna-vimansanāni aniccatāya, dukkhassa, anatta-lakkhaṇassa ca suññatāya ca paṭiggaṇhāti. Aniccatā ca maraṇaṃ ca pubba-kilesa-bhāvanāsu abhiṇhaṃ anussaritā, kālassa agghaṃ ca pāṭipattiyā turitaṃ ca anussaretukāmā. Uddeso nāma rogabhayato uppādetuṃ na hoti, api ca yaṃ paccuppannā paccayā niccalā viya jīvituṃ viramituṃ hoti. Tantrika-vidhiyo pi sādhāraṇa-saññāhi ca atta-sakkāra-vādhehi ca yujjanti: kāyaṃ, vacanaṃ, cittavuttiyo ca saṅkhārā ca visesesu abhiseka-sīlesu parivattetuṃ sakkoti. ANATTĀ ca suññatā ca nimmitāni atta-bhāvāni niccala-sārehi gahetuṃ nivārenti. Mahāmudrā vā Dzogchen vā, paraṃparāsu ca saṃsāra-kilesesu ca, citta-uppatti-vyayaṃ paccaññaṃ olocanaṃ cittassa sabhāva-paṭivedanāya dvāraṃ bhavituṃ sakkoti. Api ca ayaṃ paṭivedanaṃ sīlaṃ vā karuṇaṃ vā na vilopeti. Nijjhatana-abhāvaṃ dassanaṃ ‘sabbaṃ samaṃ’ ti na hoti. Vajrayānaṃ kho nijjhatanaṃ, yaṃ phussitaṃ anubhavaṃ ‘mama’, ‘mayhaṃ’, ‘rāga’, ‘paṭigha’ iti kaṭhina-lokamhā parivatteti taṃ parivattetuṃ icchati.
Buddhachannel Pāṭipatti — Etta-kālika-Lokasmiṃ
Kadāci purāṇaṃ dhammaṃ appakehi padāhi yuttaṃ, api ca ekantaṃ jīvitaṃ tassā gambhīrattaṃ samāpetuṃ na pahoti. Aniccaṃ, Dukkhaṃ, Anattā ca imesaṃ padānaṃ bhavanti. Te amhe vadanti: ye saṅkhatā dhammā te parivattanti, ye tesaṃ abhi-niccalaṃ santosaṃ gavesituṃ icchanti te dukkha-paṭicchetuṃ karonti, yaṃ amhe ‘attā’ ti vadāma taṃ, yadā vimansitā, niccaṃ vā sayaṃ-bhūtaṃ vā aviṭṭhitaṃ vā attaṃ na pākaṭaṃ karoti. Tīṇi lakkhaṇāni, api ca visesato ekasmiṃ mānusa-anubhave ṭhapitāni tīṇi dassanāni.
Amhe abhiṇhaṃ dukkhama, yasmā jīvite ekato uppannāni vatthūni amhe vibhajema. Kiñci parivattati — Aniccaṃ — amhe ca taṃ tiṭṭhātu ti icchāma. Imasmiṃ paṭibādhe, imasmiṃ upādāne, imasmiṃ parivattana-sīle abhi-niccalaṃ khemaṃ labhituṃ asamatthatāya, amhe dukkhaṃ anubhavāma. Tato amhe vadāma: etaṃ mayhaṃ uppajjati, etaṃ yaṃ ahaṃ homi taṃ bhayeti, ahaṃ kadāpi ekasadeso na bhavissāmi, yaṃ ‘attā’ ti avacara-gatiyā ekasadeso tiṭṭhatu, parivattana-lokassa majjhe; tato Anattā tatiye dvāraṃ vivarati, amhe ca taṃ sattaṃ, yaṃ amhe evaṃ viriyena rakkhāma, taṃ pakāra-gatiyā, sambandhehi, anussatīhi, vedanāhi, saṅkhārehi ca parivattanehi ca na nimmituṃ ti passituṃ āmanteti.
Imā tīṇi lakkhaṇāni tasmā dukkhī bhavituṃ tīṇi kāraṇāni na honti. Aniccatā ‘kiñci piyaṃ na hoti, yasmā sabbaṃ vilīyati’ ti na vadeti; sā amhe niccataṃ ayācitvā pemaṃ sikkhāpetuṃ sakkoti. Dukkhaṃ ‘sabbaṃ jīvitaṃ dukkhaṃ eva’ ti na vadeti; taṃ amhe yaṃ asantosakaraṃ hoti, yadā amhe parivattana-sīlaṃ yaṃ khemaṃ dātuṃ na sakkoti taṃ dātuṃ yācema taṃ paṭivijjhituṃ sahāyati. Anattā ‘amhe na vijāma’ ti na vadeti; taṃ amhe amhākaṃ itihāsaṃ, amhākaṃ cittavuttiyo, amhākaṃ kāyaṃ vā amhākaṃ diṭṭhiyo vā niccale attabhāve parivattetuṃ, yassa amhe paṭibaddhā bhavituṃ yuttā, yāva amhe tasmiṃ sanniruddhā, taṃ nimantitā.
Siyā imā tīṇi dhammā visesato agghikā bhavanti, yadā jīvitaṃ amhe pubba-atta-nimittaṃ vajehituṃ balakāreti. Amhe jiṇṇā hontā, putto gehaṃ cajati, kammaṃ niggacchati, pesala-kiccaṃ antaradhāyati, sambandho parivattati, kāyaṃ pubbāgataṃ viya sammā na paṭivattati. Tato amhe tīṇi pañhāni suṇeyyāma: kiṃ parivattati? Kiṃsmiṃ ahaṃ upādiyāmi, yāva dukkhaṃ imasmiṃ parivattane yojemi? Ahaṃ ko bhaveyyaṃ, yadi ahaṃ pubbāgataṃ viya niccalaṃ tiṭṭhituṃ na balakārito bhaveyyaṃ?
Divasa-anubhavo — Ekakaṃ Vatthuṃ Tīhi Passanehi Olocanaṃ
Ajjapi, ekakaṃ saccaṃ api ca mandataraṃ parivattanaṃ vinetvā, yaṃ sukhumaṃ olocetuṃ sakkoti: ekā rīti, yā parivattati; ekā kāyika-sāmita, yā pubbāgataṃ viya ekasadisā na hoti; ekakaṃ vatthuṃ, yaṃ tumhākaṃ piyaṃ, yaṃ jiṇṇaṃ hoti; ekā sambandha, yā parivattati; vā kevalaṃ divasassa obhāso, yo gacchantaṃ.
Paṭhamaṃ Aniccatāya passatha: kiṃ saccaṃ parivattati? Ajjapi etaṃ parivattanaṃ bhadraṃ vā pāpaṃ vā ti ñātuṃ mā gavesatha. Taṃ passatha.
Tato Dukkhaṃ uppajjātu: kiṃ imasmiṃ parivattane mayhaṃ dukkaraṃ hoti? Etaṃ parivattanaṃ evaṃ, vā amhākaṃ chando yaṃ vatthūni pubbāgataṃ viya tiṭṭhantu ti? Tattha pi koci akkoso na hoti. Yaṃ amhe piyaṃ taṃ upādituṃ mānusa-anubhavassa gambhīraṃ hoti.
Pacchato, Anattā uppajjātu: mayhaṃ kiṃ nimittaṃ rakkhituṃ icchāmi? Yo sadā etaṃ kammaṃ kātuṃ yutto? Yā imaṃ ṭhānaṃ rakkhituṃ cintetvā? Yo diṭṭhiṃ kadāpi parivattetuṃ na saddhiṃ? Imaṃ attabhāvaṃ nāsituṃ mā gavesatha; passatha kevalaṃ taṃ tumhākaṃ cintitaṃ viya manda-niccalaṃ siyā.
Tato sabbāni pañhāni cajatha. Tumhākaṃ divasaṃ paṭigacchatha, yaṃ ajja tumhākaṃ purato atthi taṃ passatha.
Yasmā tīṇaṃ lakkhaṇānaṃ paññā siyā sabba-divasaṃ ‘sabbaṃ aniccaṃ, dukkhaṃ, anattā ca’ ti punappunaṃ vacanaṃ na hoti. Sā atibahuṃ sukhumataraṃ bhavituṃ sakkoti: paccuppannaṃ atītaṃ bhavituṃ mā yācetha, yaṃ parivattati tasmiṃ anatthe dukkhaṃ mā yācetha, yo amhe ajja homa taṃ yo amhe hiyyo asimha taṃ bandhanīyaṃ bhavituṃ mā balakāretha.
Aniccaṃ amhe parivattetuṃ cajituṃ sikkhāpeti. Dukkhaṃ amhe yaṃ amhākaṃ upādānaṃ dukkheti taṃ paṭivijjhituṃ sikkhāpeti. Anattā amhe yo imaṃ parivattanaṃ atikkamati tassa pañhaṃ vivaraṃ ṭhapetuṃ sikkhāpeti.
Tato ca sīghaṃ imā tīṇi dhammā, yāni kaṭhināni viya dāṭhīsu, siyā ekassa muttiyā tīṇi rūpāni bhavanti.
Mūla-vacanāni
Tīṇi Lakkhaṇāni • Tilakkhaṇa • Tīṇi Nimittāni • Anicca • Anitya • Dukkha • Duḥkha • Anattā • Anātman • Aniccatā • Asantosatā • Anatta-lakkhaṇaṃ • Pañcakkhandhā • Vipassanā • Suññatā • Paṭicca-samuppādo
Niggamanaṃ
Tīṇi Lakkhaṇāni jīvitaṃ sīta-cittena passituṃ na yācanti. Tā jīvitaṃ pahūta-sukhumena passituṃ yācanti, yāva amhe tasmā yaṃ dātuṃ na sakkoti taṃ mā yācetha. ANICCAṃ amhe sikkhāpeti, yaṃ sabbaṃ saṅkhataṃ taṃ parivattati. DUKKHAṃ amhe dukkhaṃ dasseti, yaṃ uppajjati yadā amhe parivattana-sīlaṃ abhi-niccalaṃ khemataṃ parivattetuṃ icchāma. ANATTĀ amhe yaṃ nānāvidhesu ca saṅkhata-pakāresu uppajjati taṃ atta-bhāvena niccaletuṃ mā yācetha ti āmanteti. Pacchima-vijjā niccappaṭibaddhaṃ kāyaṃ ca nānā-vidhehi paṭiṭṭhānehi nimmitāni atta-anubhavaṃ ca nidassetuṃ sakkoti; sā Dhammaṃ na paṭivikati. Pāṭipatti ārabbhati, yadā imā tīṇi dassanāni potthakato nikkhamitvā, assāsaṃ, cittavuttiṃ, sambandhaṃ, vināsaṃ vā sukha-khaṇaṃ vā paṭivijjhanti.
ANICCAṃ amhe parivattetuṃ cajituṃ sikkhāpeti.
DUKKHAṃ amhe yaṃ amhe sannirundhati taṃ paṭivijjhituṃ sikkhāpeti.
ANATTĀ amhe attaṃ niccaletuṃ mā yācetha ti sikkhāpeti.
Siyā ca, ekato, jīvitaṃ paripūrṇaṃ vasituṃ, yaṃ kho, yasmā taṃ parivattati, sadā vivaraṃ tiṭṭhati.
Fiche d'archive révisée — Tilakkhaṇāni
Consultez ci-dessous la version canonique d'Alain Delaporte-Digard avec le tableau des 21 langues et les sources textuelles.