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Dictionnaire des Traditions Bouddhiques

MAHĀVIHĀRA

මහාවිහාරය — « le grand monastère »

මහාවිහාරය — « le grand monastère »

Repères Fondamentaux

Fiche de Synthèse Doctrinale

NATURE
Monastère et tradition
FONDATEUR
Mahinda (selon la tradition)
ORIGINE
ET TRANSMISSION

MAHĀVIHĀRA

මහාවිහාරය
—
« le grand monastère »

La Mahāvihāra est le grand monastère d’Anurādhapura dont la tradition devint, au Sri Lanka, l’autorité majeure du Theravāda. Sa doctrine et son canon pāli fixent l’orthodoxie de l’école.

LIEU Anurādhapura, Sri Lanka

FONDATION IIIe s. av. J.-C.

RÔLE orthodoxie theravāda

CANON pāli

RIVAL Abhayagiri POSTÉRITÉ fraternités sri-lankaises

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LE GRAND MONASTÈRE

La Mahāvihārafut le cœur du bouddhisme sri-lankais : c’est là que se fixèrent le canon pāli et son interprétation, et que se maintint l’orthodoxie theravāda.

Face aux courants concurrents, notamment l’Abhayagiri, sa tradition finit par s’imposer et inspira tout le Theravāda d’Asie du Sud-Est.

Elle demeure le modèle de référence du monachisme theravāda.

Selon la tradition, la Mahāvihāra est fondée au IIIe siècle av. J.-C. par Mahinda, fils de l’empereur Aśoka, à Anurādhapura, la grande capitale de l’île. Elle devient le centre d’étude et de discipline du bouddhisme sri-lankais.

C’est là que le canon pāli est mis par écrit au Ier siècle av. J.-C., puis que se développent les commentaires, notamment l’œuvre de Buddhaghosa au Ve siècle. La tradition de la Mahāvihārafixe ainsi l’orthodoxie theravāda.

Face aux courants rivaux de l’Abhayagiri et du Jetavana, elle défend sa lecture du canon et de la discipline. Au XIIe siècle, la réunification du saṅgha de l’île sous l’autorité de la Mahāvihāra met fin à la pluralité institutionnelle.

Son héritage se prolonge dans les fraternités monastiques modernes de l’île (Siam, Amarapura, Rāmañña) et dans tout le Theravāda d’Asie du Sud-Est.

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UNE AUTORITÉ DURABLE

Par ses commentaires et son organisation, la Mahāvihāra impose sa lecture du Theravāda. Son influence se prolonge dans les fraternités monastiques modernes de l’île.

Son modèle de grand monastère urbain, voué à l’étude et à la discipline, marque durablement le bouddhisme theravāda.

MAHĀVIHĀRA

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LES ENSEIGNEMENTS

L’ORTHODOXIE THERAVĀDA

La tradition de la Mahāvihāra définit la doctrine et la discipline du Theravādasri-lankais : fidélité au canon pāli et à l’interprétation des commentaires.

Elle s’impose comme la référence face aux courants rivaux, fixant l’orthodoxie de l’école pour des siècles.

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CANON ET COMMENTAIRES

À la Mahāvihāra se fixent la mise par écrit du canon et l’œuvre des commentateurs, notamment Buddhaghosa, qui donne au Theravāda son appareil exégétique.

Le Visuddhimagga, grande somme de la pratique, en est l’un des fruits majeurs.

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FACE À L’ABHAYAGIRI

La Mahāvihāras’opposa à l’Abhayagiri et au Jetavana, courants rivaux d’Anurādhapura, jusqu’à s’imposer comme orthodoxie.

LE SAṄGHA DE L’ÎLE

Elle forma le modèle du saṅghasri-lankais, dont les fraternités modernes se réclament.

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DISCIPLINE ET ÉTUDE

La vie de la Mahāvihāraunit étude du canon, discipline monastique et méditation, dans un grand monastère urbain voué à l’enseignement.

La formation des moines y combine mémorisation, commentaire et pratique.

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LA MÉDITATION ET LA VOIE

Le Theravāda de la Mahāvihāra cultive le calme (samatha) et la vision pénétrante (vipassanā), dans le cadre du canon et des commentaires.

La voie des trois entraînements — éthique, concentration, sagesse — y est enseignée systématiquement.

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LE BOUDDHISME DES ROIS

Les royaumes d’Anurādhapura, Polonnaruwa puis Kandy soutiennent la Mahāvihāra, qui devient une autorité spirituelle liée au pouvoir.

Le Temple de la Dent, gardé par les fraternités, prolonge ce lien entre religion et royauté.

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CANON ET COMMENTAIRES

C’est à la Mahāvihāra que le canon pālifutmis par écrit et que se développa l’appareil des commentaires.

Buddhaghosa y donna au Theravāda son exégèse classique, dont le Visuddhimagga, grande somme de la pratique, fait encore autorité.

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DISCIPLINE ET MÉDITATION

La vie de la Mahāvihāraunit l’étude du canon, la discipline monastique et la méditation, dans un grand monastère urbain voué à l’enseignement.

La voie des trois entraînements — éthique, concentration, sagesse — y est cultivée systématiquement, comme socle de la libération.

ANURĀDHAPURA ET SES MONUMENTS

La Mahāvihāra appartient au grand ensemble monastique d’Anurādhapura, avec ses stū pas, ses bodhi et ses bibliothèques, qui firent de la cité un centre mondial du Theravāda.

Les moines y étudiaient, commentaient et transmettaient le canon, dans des institutions durables qui formèrent tout le monachisme de l’île.

Buddhaghosa systématisa l’interprétation du canon et donna au Theravāda un corpus de commentaires qui fait autorité.

Son Visuddhimagga décrit en détail les étapes de la purification, de l’éthique à la vision pénétrante, et demeure une somme de référence.

La Mahāvihāras’imposa comme l’orthodoxie face à l’Abhayagiri et au Jetavana, définissant la doctrine et la discipline de l’école.

Les royaumes successifs la soutinrent, faisant du grand monastère une autorité spirituelle liée au pouvoir, jusqu’à la réunification du saṅgha au XIIe siècle.

Au XIIe siècle, la réunification du saṅgha sous l’autorité de la Mahāvihāramit fin à la pluralité des grands monastères concurrents.

Elle consacra l’orthodoxie de la Mahāvihāra et prépara les fraternités modernes, qui s’en réclament encore.

Par ses commentaires, son organisation et sa doctrine, la Mahāvihāra façonna tout le Theravāda d’Asie du Sud-Est.

Son modèle de grand monastère voué à l’étude et à la discipline demeure une référence du monachisme theravāda.

MAHĀVIHĀRA

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LES PRATIQUES

Étude, récitation, discipline et méditation composent la vie monastique. Les stū pas, reliques et pèlerinages d’Anurādhapura en sont les expressions dévotionnelles.

Les moines étudient le canon, commentent les textes et pratiquent l’assise, dans un cadre communautaire régulier.

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LES RITES

Les rites d’ordination, l’uposatha, les offrandes et les récitations structurent la liturgie. Le culte des reliques et des stū pas d’Anurādhapura y occupe une place centrale.

Les grandes cérémonies de la saison des pluies, les fêtes du Bouddha et les pèlerinages rythment la vie de la communauté. Les rites funéraires et les offrandes aux défunts complètent la vie religieuse.

La récitation du Pāṭ imokkha et les assemblées de la communauté marquent les temps forts du monachisme.

DÉVOTION, RETRAITES ET PÈLERINAGES

La dévotion au Bouddha et aux reliques structure la piété. Les pèlerinages vers Anurādhapura, ses stū pas et le bodhi sacré unissent marche et prière.

Les retraites de la saison des pluies (vassa) et les sessions de méditation composent la pratique intensive.

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REPÈRES CHRONOLOGIQUES

IIIe s. av. J.-C.
—
fondation selon la tradition.
Ier s. av. J.-C.
—
canon écrit.
  1. Ve s. — Buddhaghosa.
  2. XIIe s. — réunification du saṅgha.
Moderne
—
héritage dans les fraternités.

MAHĀVIHĀRA

LES GRANDS TEXTES · LE GRAND VOYAGE

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LES GRANDS TEXTES

La Mahāvihāra conserve le Tipiṭaka en pāli et les commentaires, notamment le Visuddhimagga de Buddhaghosa, ainsi que les traités abhidharmiques.

S’y ajoutent les chroniques de l’île (Dīpavaṃ sa, Mahāvaṃ sa), qui documentent l’histoire du bouddhisme sri-lankais et de la Mahāvihāra.

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REPÈRES

Mahāvihāra
—
Monastère.
Anurādhapura
—
Ville.
Mahinda
—
Fondateur.
Buddhaghosa
—
Commentateur.
Visuddhimagga
—
Somme.
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NOTIONS CLÉS

Orthodoxie
—
Doctrine.
Canon
—
Pāli.
Abhayagiri
—
Rival.
Saṅgha
—
Communauté.
Vassa
—
Retraite.
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LE GRAND VOYAGE

La tradition de la Mahāvihāra se diffuse du Sri Lanka vers l’Asie du Sud-Est, où elle inspire les saṅghas birmans et thaïs, et devient une référence mondiale du Theravāda.

Son canon et ses commentaires circulent dans tout le monde theravāda.

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FIGURES ET TRANSMISSIONS

Fondation. Mahinda.

Doctrine. Buddhaghosa et les commentateurs.

Héritage. Les grands monastères et fraternités de l’île.

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LANGUES ET ÉCRITURES

La Mahāvihāra travaille en pāli, transcrit en écriture singhalaise, et en langue vernaculaire pour l’enseignement. Son œuvre illustre la fixité du canon et la vitalité de ses commentaires.

MAHĀVIHĀRA

RELATIONS · VOCABULAIRE · À RETENIR

RELATIONS AVEC LES AUTRES TRADITIONS

Avec l’Abhayagiri et le Jetavana. Ces courants d’Anurādhapura furent ses rivaux, avant que sa tradition ne s’impose.

Avec l’Asie du Sud-Est. Sa doctrine irrigua les Theravāda birman et thaï.

Avec les fraternités modernes. Celles-ci se réclament de son héritage doctrinal.

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VOCABULAIRE À CONNAÎTRE

Mahāvihāra
—
Grand monastère.
Anurādhapura
—
Ville.
Mahinda
—
Fondateur.
Buddhaghosa
—
Commentateur.
Abhayagiri
—
Rival.
Jetavana
—
Rival.
Visuddhimagga
—
Somme.
Uposatha
—
Observance.
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À RETENIR

La Mahāvihāra, grand monastère d’Anurādhapura, fut l’autorité majeure du Theravādasri-lankais : elle fixa le canon pāli et son interprétation, et son influence marqua tout l’Asie du Sud-Est.

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MOTS ASSOCIÉS

MahāvihāraAnurādhapuraMahindaBuddhaghosapāliAbhayagiriJetavanaTheravādaSri Lanka
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RENVOIS DANS LE DICTIONNAIRE

ABHAYAGIRIJETAVANABOUDDHISME THERAVĀDA DU SRI LANKAMAHINDABUDDHAGHOSAPĀLISRI LANKA /

KANDY.

Aliénor & Alain Delaporte-Digard